Comment améliorer le recouvrement fiscal

Le Trésor public en sera le premier bénéficiaire

0 2 537

Par Abdelkader Mechdal        

Dans une situation où le recouvrement fiscal, en Algérie, ne dépasse pas le taux de 30%, créant un manque financier énorme pour le Trésor public, les directions des Impôts semblent ne pas être remises dans la bonne voie en ce qui concerne leur préparation pour changer d’attitude vis-à-vis des bons clients, ce qui fait augmenter le risque de voir davantage de cas de fuites fiscales, chose qui va à l’encontre des objectifs annoncés par le ministère des Finances.

 

 

Il est incompréhensible, que les bureaux des recettes fiscales, dans certaines localités y compris à Alger, restent dépourvues de moyens les plus simples pour accueillir une clientèle qui se comporte dans la régularité et la légalité du paiement des différents impôts. Des bureaux souvent abrités dans des locaux loin de pouvoir assurer le confort des employés et des contribuables, ce qui crée un climat de relation et travail malsains, entre les deux parties, pour rester en deçà de ce qui est attendu pour faire fructifier ce volet stratégique en relation avec le recouvrement des créances au profit du Trésor public.

Pour le paiement, le seul mode en fonction actuellement, est celui du passage obligé des clients à ces bureaux qui travaillent dans un esprit purement administratif, comme c’est le cas des horaires de travail qui ne sont pas complètement adaptés avec l’activité des personnes concernées par le paiement des impôts. Dans ce cadre, on se demande pourquoi le paiement électronique n’est pas encore adopté par l’Administration fiscale, à l’instar de certaines Institutions financières publiques, et ce malgré les annonces officielles qui se sont données rendez vous pour le lancement de la numérisation dans le domaine de la finance publique, chose qui reste sans concrétisation effective, ce qui fait maintenir l’ancien système recourant au face to face, comme mode de règlement des dettes fiscales.

Voilà un domaine très important pour aller de l’avant, dans la réforme de la gouvernance touchant aux grands services publics, dont celui des impôts, avec ce passage obligatoire vers l’adoption de la transparence, ce qui va devoir exclure, purement et simplement, le contact intensif entre les employés de l’Administration fiscale avec ses clients, chose qui suppose de passer vers le règlement des dossiers et du paiement des dus fiscaux, par le biais des plateformes numériques qui ont été à la source d’un meilleur état de recouvrement, à travers l’utilisation de cet outil dans beaucoup de pays dans le monde. L’amélioration de la relation entre l’Administration fiscale et les contribuables, qu’ils soient des personnes physiques où morales, est une condition indispensable pour prétendre à une quelconque réforme, visant l’allégement des conditions de traitement des affaires posées à leur niveau, ce qui aura comme aboutissement, de créer un climat serein et de confiance entre les deux parties, au bénéfice des recettes de l’Etat. Comme il est important aussi, de moderniser la fonction de cette administration, au point de fournir le conseil à ses clients, dans le sens de les aider à mieux se conformer avec la loi, et ainsi éviter les litiges qui puissent nuire à la relation entre les deux parties, et améliorer les conditions de recouvrement, qui sont actuellement loin de pouvoir faire bénéficier le Trésor public de financements supplémentaires et élever le taux de recouvrement des créances fiscales,  comme cela est souhaité par les Pouvoirs publics.           

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.