Des petites cuillères en plastique

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PAR: MALEK HARAMI

Un ministre, le PDG et un autre cadre dirigeant d’une compagnie nationale viennent d’être débarqués (sans jeu de mots). « Suite à l’engagement d’une opération d’importation » (….) « sans tenir compte des orientations » (….) quant à « la priorité à accorder à la production nationale ».

L’Etat a affiché son orientation stratégique quant à la préférence nationale. Et veut lui donner un contenu réel.

Mais si les donneurs d’ordres ne suivent pas, ce n’est pas toujours par mauvaise volonté.

Dans la plupart des cas, le décideur va privilégier le fournisseur étranger par besoin de sécurité. Parce qu’il n’arrive pas à sortir de sa zone de confort. Il ne connait pas les entreprises nationales. Ni ce dont elles sont capables. 

Si j’étais PDG, je commencerais à inscrire la préférence nationale comme un axe de ma stratégie de développement.

Ensuite, je procéderais à l’évaluation de mes achats importés en intrants, en pièces de rechange et en équipements industriels.

Je fixerais des objectifs mesurables et ambitieux en termes d’accroissement de la part du produit national dans mes achats.

Ensuite, je déclinerais cet objectif en :

  • Nombre de fournisseurs et sous-traitants locaux qualifiés
  • Nombre d’articles achetés en production nationale sur le nombre d’articles achetés

Les objectifs fixés, il nous restera à les traduire en plans d’actions opérationnels :

  • Le service approvisionnement aura à :
    • Prospecter les fournisseurs locaux
    • Etablir des cahiers des charges et des procédures de qualification des fournisseurs locaux
    • Etablir un référentiel d’audit d’assurance qualité
    • Etablir et de réaliser un programme d’audit seconde partie auprès des fournisseurs 
  • Les services techniques (bureau d’étude, maintenance) devront : 
    • Eclater les équipements industriels en sous-ensembles et déterminer ceux qui peuvent être acquis en Algérie.
    • Déterminer les besoins en approvisionnement sur une base pluriannuelle, de façon à pouvoir passer des conventions avec des fournisseurs locaux qui, rassurés quant à leur carnet de commandes, investir dans des équipements de production. Voir les dédier à l’entreprise.

Cette démarche stratégique ne peut être que bénéfique pour l’entreprise, son réseau de sous-traitants et pour l’Algérie.

Ce n’est pas facile. Mais c’est possible. Commencez maintenant 

 

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