G20.. Affaibli à Washington, Biden tente de redorer son blason à l’international

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Par : Courrier International 

Le G20 et la COP26 sont l’occasion, pour le président américain, d’essayer de récolter à l’international les succès qui lui font cruellement défaut sur la scène intérieure.

Dimanche soir, en clôture du G20, Joe Biden a donné une rare conférence de presse en solo, durant laquelle il a assuré avoir été “encouragé par la façon dont il avait été reçu” par ses homologues à Rome, rapporte CNN. “Ils ont écouté. Tout le monde cherchait à me parler. Ils voulaient connaître nos points de vue et nous avons été à la pointe des décisions qui ont été prises ici”, a déclaré le président américain. “Les États-Unis ont le rôle le plus important à jouer sur ce dossier”, a-t-il ajouté, en référence à l’action contre le changement climatique.

Joe Biden s’est également appliqué à “prendre le contre-pied des politiques et des approches de l’ancien président Donald Trump”, en essayant de “faire en sorte que ces changements restent en place, même en cas de changement d’administration”, analyse le Washington Post.

Il a ainsi levé les droits de douane sur l’acier européen imposés par son prédécesseur, et tenté de rassurer la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur sa volonté d’engager un dialogue plus apaisé avec les 27.

Chaînes d’approvisionnement

Devant la presse, Joe Biden a égrené les dossiers sur lesquels des accords avaient été trouvés durant le sommet, comme le climat, avec la fin des subventions aux centrales à charbon à l’étranger, ou la réforme des chaînes d’approvisionnement, profondément perturbées par la pandémie.

“Nos concitoyens ne pensent pas aux chaînes d’approvisionnement, tant que tout se passe bien”, a-t-il déclaré, selon CNBC. “Mais durant cette pandémie, nous avons souffert de retards de livraison et des ruptures de stocks pour de nombreux bien de consommation, que ce soit l’automobile, l’électronique, les chaussures ou les meubles”, a-t-il expliqué.

Les États-Unis, l’Union européenne et 14 autres pays se sont donc entendus pour “renforcer et diversifier l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, de la dépendance vis-à-vis de certaines matières premières à la fabrication, en passant par l’acheminement et la distribution”, précise la chaîne économique.

“La tête ailleurs”

Mais le New York Times observe que les succès internationaux du président américain mettent en évidence ses failles sur la scène intérieure. En instaurant, avec ses collègues du G20, un mécanisme de taxation internationale des multinationales, Joe Biden a certes enregistré une “belle victoire”, mais prouve au passage que sur ce sujet, il est “plus facile pour lui de convaincre ses partenaires étrangers que les membres de son propre parti au sein du Congrès.”

Joe Biden a en effet dû renoncer, au moins pour l’instant, à l’augmentation de l’impôt sur les sociétés, dans l’espoir de faire voter ses plans d’investissement dans les infrastructures et les réformes sociales, toujours bloqués au Congrès.

Le locataire de la Maison Blanche a également été interrogé à Rome sur sa piètre cote de popularité, raconte Fox News, alors que seuls 42 % des Américains approuvent son action, selon un sondage publié dimanche. “Je n’ai pas choisi d’être président pour savoir si j’étais bien vu dans les sondages”, a-t-il déclaré, “mais pour faire ce que j’avais dit que je ferai en tant que président des États-Unis”.

En résumé, “Joe Biden a beaucoup de souci à se faire à Washington”, écrit The Independent. Et “même s’il a l’esprit tourné vers l’international”, le président américain pourrait bien “avoir la tête ailleurs pendant la COP26”.

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Afrique du Sud 

Assoiffée se prépare à des élections municipales

Par : MAIL & GUARDIAN 

Des élections municipales auront lieu en Afrique du Sud ce 1er novembre. Parmi les enjeux de la campagne, l’accès à l’eau est l’un des plus cruciaux. Cette question sera même déterminante pour beaucoup d’électeurs qui pointent l’impéritie et la gabegie des autorités locales en la matière.

Dans les villages de la province du Limpopo, située au nord-est de l’Afrique du Sud, l’eau manque de façon dramatique. Le Mail & Guardian livre une plongée intéressante dans les villages en souffrance de cette province à l’approche des élections munipales du 1er novembre.Le vote des habitants y est ainsi suspendu au débit de leur robinet et surtout au candidat qui saura résoudre leurs difficultés d’approvisionnement. “Alors que les habitants attendent que leurs robinets coulent régulièrement, la question de l’eau est devenue une question politique très controversée et devrait jouer un rôle central dans les élections du 1er novembre”, écrit le quotidien de Johannesburg.

 

“La crise de l’eau” semble désormais être devenue le problème le plus important pour les habitants, au même titre que le chômage, un approvisionnement en électricité inefficace et des routes en mauvais état.

 

Paroles de Sud-Africains à sec

La parole est donnée à Maphefo Legadimana, une habitante de la ville de Magobading qui doit puiser quotidiennement son eau dans une rivière située à environ 500 mètres de son domicile. “L’ANC [Congrès national africain, le parti au pouvoir] n’a pas réussi à nous donner de l’eau. Désormais, nous devons voter pour quelqu’un qui peut changer cela”, explique celle qui a toujours voté pour l’ANC mais qui songe désormais à soutenir un candidat indépendant. Les 210 litres d’eau de son réservoir, nécessaires pour se laver, cuisiner ou pour d’autres besoins domestiques, coûtent à cette Sud-Africaine 45 rands (2,55 euros). Mais comme des dizaines d’autres habitants de cette petite ville pauvre, la charge financière finit par peser. Maphefo Legadimana est au chômage, explique le quotidien anglophone, et dépend donc d’une subvention du gouvernement pour subvenir aux besoins de ses enfants.

Thobejane est quant à lui un petit agriculteur qui vit également à Magobading. Lui aussi se plaint d’un manque drastique d’eau potable. Pour arroser ses cultures, il a installé une pompe pour extraire l’eau de la rivière.

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Miami

Les riches Latino-Américains se ruent sur l’immobilier

Par : EL PAIS 

Les crises sociales, les bouleversements politiques, la pandémie de Covid-19 ont provoqué un important afflux d’investisseurs des pays d’Amérique latine dans des biens immobiliers de la capitale de la Floride. Nouveauté : ils achètent souvent pour en faire leur résidence principale et télétravailler.

Les Latino-Américains les plus aisés sortent leur argent de leur pays, du fait des soubresauts politiques que connaît la région. Ils investissent en particulier dans l’immobilier de luxe à Miami. Depuis un an et demi, sur fond d’économie mondiale en berne, la capitale de la Floride a bénéficié d’une hausse des achats d’immeubles par des Latino-Américains. Ce n’est pas une vague d’investissements comme on en a vu auparavant, d’après les agents immobiliers et leurs clients. Cette fois, les investisseurs font de ces biens leurs nouvelles résidences.

Les riches fuient les politiciens d’Amérique latine

Les présidents et les candidats à la présidence font peur aux plus riches. Au Mexique, le président Andrés Manuel López Obrador s’est mis à dos les chefs d’entreprise et veut annuler des contrats avec des sociétés privées. Au Pérou, Pedro Castillo a limogé les membres les plus radicaux de son gouvernement sous la pression des marchés. Au Chili, l’Assemblée rédige une nouvelle Constitution, tandis qu’un candidat de gauche caracole en tête des sondages pour la présidentielle. En Colombie, le gouvernement d’Iván Duque a été confronté à de longues et sanglantes manifestations, si bien que le candidat de gauche, Gustavo Petro, est bien placé pour lui succéder.

La fuite des capitaux de la région est difficile à mesurer, mais elle est évidente au jour le jour. Les monnaies se sont dépréciées depuis un an – certaines plus que d’autres ; des banques d’investissement ont décidé de se retirer des différents pays où elles étaient implantées ; et à l’étranger, les banques sont débordées par les demandes d’ouverture de compte.

Pour beaucoup, la meilleure manière de faire sortir leurs capitaux est de les investir dans un bien immobilier. Ainsi, en Floride, 34 % des acheteurs étrangers sont des Latino-Américains, si l’on en croit la National Association of Realtors (NAR) [“Association nationale des agents immobiliers”]. “Aujourd’hui, nous assistons à une envolée du marché latino-américain”, assure Sergio Pinto, chef de l’équipe de ventes de la chaîne d’hôtels et de résidences de luxe Waldorf Astoria à Miami.

 

Le Covid-19, faiblesse de l’Amérique latine

Le Mexique, la Colombie, le Pérou et l’Équateur, dans cet ordre, sont les marchés les plus dynamiques pour Pinto et son équipe. Pas moins de 16 % des achats dans le bâtiment de luxe de l’enseigne Waldorf, d’une hauteur de 100 étages, ont été effectués par des Mexicains. Sergio Pinto explique : Du fait de l’évolution économique et politique de leur pays, certains décident de diversifier leurs investissements, et notamment d’investir à Miami.

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