La menace, elle est aussi économique

Espionnage marocain sur l’Algérie

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Par Abdelkader Mechdal       

Dans le sillage de sa construction économique, l’Algérie est concernée par la définition d’une stratégie de substitution aux hydrocarbures, tant que le passage au marché va la mettre en concurrence avec des forces qui vont jouer la carte du lobbying, qui aura à constituer une réelle entrave pour le lancement des grands projets de modernisation du pays.

 

L’objectif de substitution des hydrocarbures lancé par les Pouvoirs publics, il y a de cela plusieurs décennies, rencontre à chaque fois des hésitations intenses de leurs parts, pour aller dans le sens de faire aboutir ce grand changement en faveur d’une économie à des atouts mal exploitées, et ce en relation avec les situations d’urgence qui rendent le tout au point de départ, c’est-à-dire, de puiser dans les solutions qui paraissaient faciles pour les décideurs, en recourant, contre toute logique de changement déclarée et voulue, aux recettes des hydrocarbures de nouveau pour rééquilibrer les comptes de l’Etat. C’est ce qui fait le tort d’une démarche publique, et ouvre la voie aux concurrents de l’Algérie à creuser l’écart en leur faveur, en procédant à la multiplication des actions de charme envers les investisseurs, en matière d’ouverture et de facilitations accordées aux porteurs de projets ayant un attrait à la région de l’Afrique du Nord.

Justement, c’est cette facilité recherchée pour réparer un déséquilibre socioéconomique flagrant, qui a poussé les Pouvoir publics, avec le déclenchement de ce qui est appelé « le Printemps arabe », de faire augmenter les dépenses publiques de 60% pendant l’année 2011, en mettant la main dans la poche, qui faisait le plein de pétrodollars, ce qui a mené à un nouveau cycle de dépendance accrue aux hydrocarbures, qui ne pourra pas être dépassé facilement. Ce qui voudra dire, que les tenants de la décision dans le pays doivent redoubler d’effort, s’ils veulent passer à un nouveau modèle économique se basant sur la création de la richesse, hors des hydrocarbures. Le déficit budgétaire représente la caractéristique de la finance du pays, dès lors que les prix du pétrole vont subir les conséquences d’une conjoncture difficile, à partir de l’année 2014, et portant cette fois-ci, plus de concurrence à l’Algérie pour le maintien de sa présence et sa part, sur ses marchés traditionnels, en voyant l’émergence de nouveaux producteurs dans le bassin méditerranéen même, qui sont prêts à rafler des parts, qu’elle pourrait perdre avec le temps.

Le grand dossier ouvert, en relation avec l’espionnage marocain sur plusieurs pays, dont l’Algérie, est très révélateur, démontrant le degré de menace guettant le pays dans le domaine de la transition vers l’économie de marché, sachant que le lobbying pratiqué par le voisin de l’Ouest, a cette particularité de vouloir nuire à la réalisation de projets importants dans le pays, en proposant plus de facilités et en se basant sur la modernisation acquise dans l’environnement de l’investissement, et la dynamique de son secteur bancaire. Il n’était pas étonnant de voir des propositions ciblant les partenaires de l’Algérie, s’apprêtant à la réalisation de projets structurants, à l’instar du grand port du Centre, où le Maroc veut attirer les investisseurs vers le port de Tanger, en essayant de dissuader les Chinois dans leur engagement pour sa réalisation, et son utilisation comme une base d’échange avec l’Afrique. Même si cette démarche peut paraître de bonne guerre, mais quand  elle touche à plusieurs secteurs, stratégiques pour le développement du pays, dont l’industrie, cela demande à ce que les décideurs changent de démarche, et se montrer plus agressifs en jouant sur l’efficacité de la réalisation du nouveau modèle de marché, et sur une meilleure maitrise du facteur temps dans sa réalisation, et sortir de l’état d’hésitation qui ronge l’action économique de l’Etat, depuis des décennies, facilitant ainsi les hostilités, dont le développement de l’économie du pays est victime.    

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