La réforme du code des marchés publics s’impose

Surévaluation des projets, retard dans les délais de réalisation …

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Le système de passation des marchés publics est à revoir. Ces dernières années, l’Algérie a consacré des budgets conséquents pour la réalisation  d’infrastructures de base et autres projets économique, mais des sommes colossales ont été gaspillées et autres détournées à cause de la réévaluation des coûts de réalisation des projets en question, de la qualité médiocre de la réalisation qui nécessite des travaux de réfections avant même la réception.

Le volume des opérations de réévaluation au niveau de l’ensemble des secteurs et des programmes sur la période 2010-2020 a atteint 5 296 milliards DA, ce qui représente 26 % de l’ensemble du budget d’équipement de l’Etat sur cette période. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Belkacem Zeghmati a dressé hier un tableau noir sur la situation de passation des marchés publics dans notre pays. S’exprimant à l’ouverture des travaux du forum organisé par le Conseil d’Etat sur «la problématique de la maturité des projets et son impact sur les litiges en matière des marchés publics», M. Zeghmati a imputé cette hémorragie, que continu de subir l’économie  nationale, aux études de maturité des projets, passant de la conception, aux études de faisabilités, à l’attribution du projet et à la réception du projet «si il était réellement réalisé». Pour lui, les marchés publics est l’une des principales «lacunes» dans lesquelles la corruption et l’exploitation de la fonction publique permettent d’obtenir des avantages privés et illégaux. Dans ce cadre, des chefs d’entreprises sont contraignent de recourir à des pratiques mal saines comme de pot-de-vin dans l’espoir de décrocher de plans de charge. Par ailleurs, le ministre de la justice a révélé que le phénomène ne serait pas possible sans l’environnement favorable qu’il a trouvé, ce qui se traduit par la faiblesse des institutions de suivi, de contrôle et spécialisées et la faiblesse des activités des mécanismes juridiques et institutionnels à travers lesquels le phénomène peut être endigué. Il a fait que la priorité de son département est de mettre en place un arsenal juridique afin de protéger les deniers publics, renforcer le contrôle et l’application de la loi et faire appel aux bureaux d’études ayant de l’expérience et de l’expertise nécessaire  pour la réalisation des études technico-financières. Il a, aussi, mis l’accent sur la modernisation, à travers la dématérialisation des différentes opérations de passation de marchés, en créant un portail électronique à cet effet. C’est à travers, ces pratiques qu’on pourra garantir la transparence et l’égalité dans l’attribution des projets. «L’opération de maturation de projets est importante et qui nécessite l’implication des techniciens, des économistes et juristes afin de développer l’économie nationale, tout en préservant le denier public», a-t-il conclu.

Z R.

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