La réunion du comité intergouvernemental reportée

Coopération algéro-française

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La visite du Premier ministre français, Jean Castex, les 10 et 11 avril en Algérie, a été reportée, rapporte ce jeudi l’agence AFP, citant les services du Premier ministre français. En effet, ces derniers ont annoncé que le comité intergouvernemental franco-algérien, prévu dimanche en Algérie en présence du Premier ministre français Jean Castex, est reporté sine die « compte tenu du contexte sanitaire ». 

« L’épidémie de Covid-19 ne permettant pas à ces délégations de se retrouver dans des conditions pleinement satisfaisantes », le comité « est donc reporté à une date ultérieure, lorsque le contexte sanitaire sera plus favorable », ont ajouté les mêmes services. De sources concordantes françaises et algériennes, le format de la délégation française, réduit en raison de l’épidémie, a été jugé insuffisant par les autorités algériennes, ce qui a précipité cette annulation tardive.
A l’occasion de sa visite, M Castex  coprésidera avec son homologue Abdelaziz Djerad, en mai prochain un Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN), instance qui se réunit régulièrement pour faire le point notamment sur la coopération économique entre les deux pays. D’autant plus que les échanges économiques entre les deux pays, ont connu une nette fébrilité au cours des deux dernières années. A noter que ce comité ne s’est toutefois plus tenu depuis décembre 2017 en raison du mouvement de protestation populaire du « Hirak » qui a conduit à la chute du président Abdelaziz Bouteflika en 2019 puis de la crise sanitaire liée à la Covid-19. « La visite du Premier ministre s’inscrit dans le réengagement de la relation voulu par les deux présidents », souligne-t-on dans l’entourage du Premier ministre français. 

Rappelons qu’à l’approche du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie (5 juillet 1962), Emmanuel Macron a engagé une série d' »actes symboliques » afin de « réconcilier les mémoires » et d’esquisser une normalisation dans une relation qui reste complexe et passionnelle. Il a notamment reconnu, « au nom de la France », que l’avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel avait été « torturé et assassiné » par l’armée française et décidé de faciliter l’accès aux archives classifiées sur la guerre d’Algérie.  Alger réclame de son côté la restitution des archives liées à la colonisation et « toute la lumière » sur les disparus algériens durant la guerre — qu’elle estime à 2.200 – ainsi que l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français dans le Sahara algérien. Pour sa part, le président Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé que la défense du dossier de la mémoire nationale «ne saurait faire l’objet de renonciation ni de marchandage» dans le cadre des relations bilatérales entre l’Algérie et la France. « Nous ne renoncerons jamais à notre mémoire mais il ne faut pas en faire un fonds de commerce », avait déjà déclaré le président Tebboune. A noter que le rapport remis le 20 janvier et commandé par Emmanuel Macron à l’historien français Benjamin Stora sur la réconciliation des mémoires entre la France et l’Algérie avait soulevé de vives critiques, aussi bien en Algérie qu’en France, notamment pour ne pas avoir préconisé des « excuses » de Paris pour les crimes de la période coloniale (1830-1962). Au chapitre économique, la France qui a perdu le statut de premier fournisseur de l’Algérie, compte, coute que coute reprendre sa place, en s’engageant résolument dans les projets de développement lancés en Algérie dans le cadre du plan de relance économique. Il s’agit notamment des petites et moyennes entreprises, des start-up et de l’économie de la connaissance,  et de l’agroalimentaire.

Par Arezki Louni

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