La révision du système de santé s’impose

Plusieurs dysfonctionnements persistent encore

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Par Zahir Radji

Le système de santé algérien a atteint ses limites. En dépit des budgets alloués à ce secteur (près de 400 milliards de DA annuellement), les prestations et la situation de nos hôpitaux et centres de soins  restent à désirer. 

 

Certaines infrastructures de santé réalisées avec plusieurs milliards de DA sont délaissées pour des raisons liées à l’absence du personnel médical ou de moyens nécessaires (plateau médical) pour leur bon fonctionnement.

Ainsi, la plupart des malades et même les professionnels de la santé publique n’hésitent pas à critiquer la situation de nos hôpitaux. Ils sont unanimes à appeler à la révision de ce système, tout en garantissant l’accès aux soins pour tous les citoyens. 

«Le système de santé doit être revu afin de corriger certains dysfonctionnements. La santé n’a pas de prix, mais elle a un coût. À cet effet, il faut absolument revoir nos structures, leur fonctionnement, les buts et les budgets», a indiqué Mohamed Bekkat Berkani, président de l’ordre national des médecins praticiens qui s’exprimait sur les ondes de la radio nationale « chaîne III». À travers une nouvelle organisation, « cela va nous permettre de dépenser utilement et de façon efficace», dit-il. L’intervenant a insisté sur l’investissement dans la prévention. Des programmes de vaccination sont à vulgariser afin de lutter contre les maladies infectieuses et sensibiliser également sur un monde de consommation sain afin de réduire les cas du Cancer. Une pathologie en plein expansion, engendrant des milliers de décès chaque année. «Quand vous faites de la prévention, il y aura automatiquement moins de malades et vous faites une économie qui est importante », a-t-il expliqué.

Le président de l’ordre national des médecins praticiens a, en outre, souligné la nécessité de revoir le rôle des caisses de sécurités sociale, notamment la CNAS qui ne s’implique pas énormément dans l’amélioration de la prise en charge des assurés sociaux. Cette dernière contribue avec près de 100 milliards de DA pour les hôpitaux ! Dr Berkani a appelé au placement de cette Caisse sous la tutelle du ministère de la Santé pour une meilleure gestion de ces Fonds, tout en garantissant une prise en charge meilleure pour les assurés sociaux. Il a, ainsi, souligné l’impératif d’essayer d’organiser ces Caisses et faire valoir les assurances de maladies dans le but de donner un confort financier aux hôpitaux et usagers de la santé. La problématique c’est la maitrise des flux des dépenses. C’est une équation, dira-t-il d’emblée, qui n’est pas résolu depuis aujourd’hui. Comment rembourser la totalité des médicaments par rapport à un pourcentage de remboursements couvert par les autres assurances complémentaires. Même chose pour les séjours d’hospitalisation. Actuellement, la CNAS ne rende pas service à la complémentarité entre le secteur public et privé. Les assurés sociaux sui se soins aux niveaux des cliniques privées, à l’exception des chirurgies cardiaques et accouchements, ne sont pas accompagnés par la CNAS ! Enfin, le praticien a estimé que la médecine gratuite est vécue. Il y a nécessité de trouver un autre système efficace.

Par ailleurs, Dr Berkani a tiré la sonnette d’alarme sur le départ massif de nos jeunes médecins vers l’étranger, notamment en France.  « Nos jeunes médecins sont un peu désespérés de la façon avec laquelle ils exercent la médecine dans notre pays. C’est pour cela ils partent à l’étranger pour exercer leurs  talents. D’ailleurs, 90 % de nos médecins qui partent à l’étranges s’installent en France. Si on continue comme ça, nous allons former et nous avons déjà formé pour les autres pays. Nous sommes tous interpellés afin de trouver des solutions rapides et urgentes à ce phénomène», a indiqué Mohamed Bekkat Berkani, président de l’ordre national des médecins praticiens. Il a appelé à l’amélioration du statut social de ces médecins afin de les inciter à rester en Algérie et participer au développement sanitaire du pays.

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