La rouina de ta mère

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Par: Malek Harami

On a tous en tête cette réplique de Makhlouf El Bombardier à ce conseiller qui proposait d’exporter de la rouina dans le chef d’œuvre de Mohamed Oukassi, sorti en 1994. Et toujours d’actualité. 

Et on est tenté de dire la même chose à chaque fois qu’un officiel vient nous raconter ses histoires sur « la promotion des exportations hors hydrocarbures ».

Mais plus sérieusement, quand on est interrogé sur les secteurs prioritaires, ou les produits à fort potentiel d’exportation, on se doit d’abord de comprendre :

Empruntons à la physique la notion de différence de potentiel.

Dans le commerce international, comme dans le commerce tout court, il y a différence de potentiel lorsque :

  • Il s’agit de combler un déficit en quantité permanent ou temporaire ;
  • Il s’agit de combler un besoin non satisfait par les produits disponibles ;
  • Le produit proposé est unique ;
  • La différence de prix, à qualité égale, justifie le flux.

Intéressons-nous ici au dernier point :

Dans le coût d’un produit, il y a le coût des matières premières, de la main d’œuvre, de l’énergie, de la technologie, de la logistique et des services.

L’analyse, au niveau macro comme au niveau micro-économique, doit s’intéresser à ces facteurs de compétitivité.

Il faudrait décomposer le produit pour déterminer les parts relatives des différents composants du coût, pour évaluer les avantages compétitifs dont on peut se prévaloir.

C’est en sens que les investissements dans la pétrochimie, prenaient toute leur justification dans le plan de valorisation des hydrocarbures. Et c’est aussi, en ce sens, que s’expliquent les investissements dans la sidérurgie, la transformation du verre, et plus généralement, toutes industries basées sur l’avantage énergie.

Si j’étais PDG, je m’intéresserais aussi à ces secteurs à forte valeur ajoutée où la part de la main d’œuvre qualifiée est prépondérante dans le coût de revient du produit / prestation : Engineering, Etudes, Recherche et Développement. Un ingénieur algérien payé à 100000 DA revient moins cher que 500 €. Le tiers du SMIC en France. 

Faites vos comptes.

 

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