L’Algérie en besoin pressant d’une stratégie industrielle

Le manque de visibilité perturbe le secteur

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Par Abdelkader Mechdal        

Le problème de l’industrie nationale reste entier avec les difficultés apparentes de proposer une nouvelle lignée de politique publique qui pourra dynamiser le secteur dans un pays doté d’avantages certains, mais qui manque de visibilité pour faire redémarrer la machine productrice nationale en position de point mort depuis plusieurs décennies.

 

Le blocage est le maître mot qui revient à chaque fois que le secteur industriel est évoqué, non seulement pour le retard qu’il enregistre pour revenir à l’activité et soutenir ainsi les efforts de relance, mais aussi pour l’absence totale d’une visibilité à long terme, faute d’une stratégie sectorielle qui devait définir la montée en activité des filières industrielles, pour appuyer cette ambition de revenir à des niveaux de croissance reflétant les moyens importants dont jouit l’Algérie. Pourtant, les éléments qui peuvent alimenter la réalisation de la stratégie sont bien réunis. N’est-ce pas que le pays est dépendant de ses exportations des hydrocarbures au point de constituer un point de fragilité extrême et une menace pour la sécurité du pays. Dans ce sens, il est aisé de constater que le premier élément à prendre en charge est de mettre en application une politique de substitution des importations, ce qui pousserait le système productif algérien à aller vers plus de production exportable, dans les différents secteurs à mettre en valeur. L’industrie est un axe indispensable dans cette tendance, puisqu’elle pourra permettre une valorisation des disponibilités en matières premières, ce qui est une base de plusieurs industries dérivées, avec un passage à accaparer la technologie adéquate, en s’associant à des opérateurs qui auront un intérêt pour développer ce grand axe de l’industrie. Les chinois et les asiatiques en général, les européens et les sociétés leaders dans le monde sont à cibler, avec ce penchant à assurer un niveau d’industrialisation interne certain, faisant émerger de nouvelles activités, surtout dans le domaine de la sous-traitance. Pour le manque d’approvisionnement du marché national en produits nationaux, c’est une autre paire de manche à prendre en charge, tant que le niveau atteint des achats de l’étranger a eu cette habitude de s’établir en dessus de la valeur des exportations, faisant en sorte que le déficit commercial du pays se creuse davantage, ce qui a mené le président de la République à prendre une décision qui est de soustraire 10 milliards de dollars l’année 2020 pour que le chiffre des importations se stabilise à quelque 34 milliards de dollars, mais malgré cette action, le déficit commercial a atteint 14 milliards de dollars. Et voilà un autre champ à prendre en charge par la politique industrielle qui est celui d’aller en avant dans le développement des industries de transformation d’une façon prioritaire, dans le souci de couvrir les besoins internes en produits alimentaires, mais aussi pour soutenir la fabrication des biens intermédiaires et produits finis localement. Là aussi, il s’agit de s’ouvrir sur les dernières techniques de fabrication pour rallier les niveaux de performances enregistrés ailleurs. Le tout, en rajoutant le besoin vital de développer le domaine du numérique comme outil indispensable pour garantir la transparence, on aura rassemblé les éléments à construire cette stratégie et le reste devient du détail à laisser au marché qui, sous l’effet de la concurrence, va permettre aux opérateurs nationaux de reprendre du souffle sur leur marché interne et d’aller conquérir les marchés étrangers. C’est pour cela qu’il faudra dépasser la situation de personnalisation en la personne d’un ministre de toute une politique industrielle de l’Algérie.  

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