L’aspect territorial, le grand absent

Le plan du gouvernement

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Abdelkader Mechdal        

Le parent pauvre du plan d’action du gouvernement, comme à l’habitude des conceptions présentées par les pouvoirs publics jusqu’ici, est celui du développement territorial qui ne trouve pratiquement pas de place en termes d’organisation décentralisée qui se retrouve encore une fois de trop, marginale vu le passage timide faisant un signe à la révision de la fiscalité locale. 

Il est très clair que l’approche gouvernementale est nécessairement d’ordre sectoriel, faisant dans la présentation de feuilles de route pour chaque secteur d’activité, comme a été affiché par les services du premier ministère, ce qui insiste en général sur les objectifs en chiffres assignés à des départements en relation avec les besoins pressants de la population, où pour expliquer que c’est la conjoncture qui dirige les choix publics concernant les objectifs à atteindre. Si on se conforme aux besoins de la population, le gouvernement aura facilement à remplir son plan de charge, puisque la liste des besoins en souffrance est de plus en plus élargie, touchant des domaines très sensibles dans la vie quotidienne, comme le pain, le lait, l’eau et qui s’étend pour toucher les véhicules, la pièce de rechange et les accessoires autos, comme on est arrivé à constater avec amertume pendant la 3ème vague du covid 19, le manque de médicaments et d’oxygène pour la prise en charge des malades, et la liste reste longue et démontre de la situation problématique que connait l’Algérie.

Justement, c’est à la recherche de solutions efficaces pour une meilleure prise en charge de la demande aux biens et services marchands et publics, que l’idée du développement régional trouve tout son sens, comme a été le cas de la remise à niveaux des territoires dans les pays qui sont devenus développés après qu’ils ont opté pour des plans régionaux pour corriger les défaillances héritées des guerres, et particulièrement la 2ème guerre mondiale qui a mis à plat plusieurs pays européens. Les programmes de développement territoriaux ont cette capacité de mobiliser les ressources régionales et locales, et permettent un passage vers un modèle de concurrence en matière de créativité et d’innovation, sous l’œil bienveillant de l’Etat central qui fait en sorte de soutenir financièrement les territoires, et de leur permettre une prise de décision décentralisée en relation avec les besoins de développement approuvés. 

Cette démarche territoriale qui s’appuierait sur un mode de gouvernance économique très souple qui va jouer sur la facilitation aux investissements, dans l’octroi des crédits, du foncier industriel, des exonérations fiscales et dans la construction de la logistique commerciale et des réseaux d’échange en sorte à aider à l’extension de la réalisation des projets dans tous secteurs confondus, ce qui aiderait à augmenter le nombre des entreprises qui travailleront dans la spécialisation selon les ressources régionales et permettre ainsi une bien meilleure croissance qui va booster l’économie nationale et aider le gouvernement en deuxième étape à se désengager financièrement envers les régions, plutôt se sont ces dernières qui vont constituer grâce à l’élargissement de l’assiette fiscale, une ressource importante pour le trésor public. C’est une démarche indispensable pour un pays aussi grand que l’Algérie pour mener à bien le plan de croissance, mais aussi de développement, pour arriver à la prise en charge effective des besoins de la population.                                                                          

 

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