«Le prochain salon dédié au digital et au web sera virtuel»

M. Karim Embarek, organisateur de l’événement digital Algeria 2.0

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Entretien réalisé par Naima Allouche

Lors de l’émission «Le débat économique», M. Karim Embarek a invité les jeunes algériens à prendre part à l’événement digital Algeria 2.0, dédié au TIC et au web et qui aura lieu du 1er au 3 avril prochain, pour s’inspirer et participer au développement du pays à travers la création des startups et investir dans le domaine des TIC. Dans ce contexte, il a révélé aussi qu’au-delà de la portée internationale et la couverture nationale en termes de visites qu’offre l’organisation virtuelle du salon Algeria 2.0, c’est dame nature qui respire un bon coup. 100 % des imprimés habituellement dédiés à ce genre d’événements et dont l’utilisation est périodique seront économisés grâce aux brochures téléchargeables des exposants.

 

 

LCA : Pourquoi un salon dédié aux TIC et au web ?

Karim Embarek : L’histoire remonte à peu près à 10 ans. À cette époque, il manquait vraiment une vulgarisation dans le domaine des TIC et du web. Il fallait préparer toute une génération pour être prête à former et lancer un défi que nous rencontrons déjà maintenant avec tous les changements de lois et l’initiative de créer un ministère dédié aux startups. Auparavant, nous n’avons pas la définition de start-up et chacun la définit à sa propre manière, en prenant l’exemple des États-Unis, de l’Europe… Donc, à cette époque, il a fallu préparer le terrain surtout qu’il y a plusieurs métiers dans le web que la majorité des Algériens ne connaissent pas et ils ne sont pas à jour. Tellement ce domaine est vaste, il faudrait organiser plusieurs événements pour englober toutes ces nouvelles données et vulgariser toutes les spécialités des startups pour investir.

Cette année, vous avez opté pour un évènement virtuel. Pourquoi ?

En effet, le prochain salon dédié au digital et au web sera cette année virtuel. D’abord pour ne pas être complice d’une quelconque maladie à cause de ce virus corona, puis en Algérie, nous vivons dans une société qui n’arrive pas à respecter le protocole sanitaire en termes de distanciation. Alors nous avons fait le choix d’opter pour le virtuel. À rappeler que toutes les précédentes éditions ont été en présentiel, c’est-à-dire notre réputation a été marquée par le contact humain. C’était plus facile de se rencontrer en présentiel qu’en virtuel. Mais avec la conjoncture actuelle, nous avons fait un choix et décidé d’organiser Algeria 2.0 en virtuel pour préserver la vie humaine. Un évènement virtuel est presque le même qu’en présentiel. Nous avons tous les avantages d’organiser une exposition et sans inconvénients du logistique et déplacement de personnes et leur prise en charge. Aussi par rapport à l’environnement, aucun papier ne sera gaspillé comme les flyers et banners et nous éviterons ainsi une catastrophe environnementale. Avec le virtuel, tous les fichiers des entreprises seront en version pdf, c’est-à-dire tous les documents seront numérisés et téléchargeables. À titre d’exemple, nous avons organisé dernièrement au profit d’un client un salon virtuel et qui n’est pas dans le domaine digital. Il a eu quelque 12 600 téléchargements de documents de présentation d’entreprises et offres de services, etc. Un autre avantage pour le salon virtuel est la possibilité d’avoir des visiteurs à travers le monde, c’est ce qui n’est pas possible dans le salon en présentiel parce qu’un participant ou visiteur de l’étranger devait d’abord passer par toute une paperasse de visa et séjour, en plus de son déplacement et frais de séjour. Par contre, dans ce salon, les exposants vont avoir des visites de part le monde et contracter des opportunités de partenariat ou d’affaires sans dépenser de l’argent, surtout que le salon est ouvert 24h/24 pendant trois jours et dès que le fuseau horaire change, cela veut dire que nous allons toucher d’autres populations, à savoir les États-Unis, l’Asie… Nous allons également aider ces exposants à travers les réseaux sociaux à se faire connaître. À travers le salon virtuel, nous allons oublier la tracasserie de la paperasse parce qu’a la fin de l’exposition, chaque participant va recevoir un fichier de statistiques sur le nombre de visites et les coordonnées des personnes qui ont accédé à leurs stands. Un autre avantage à citer également par rapport aux conférences, nous avons eu la chance de contacter des Algériens installés à l’étranger, comme aux États-Unis, aux Émirates, au Qatar, en Arabie saoudite… Ce sont de grands experts dans de grandes entreprises que nous n’avons pas pu inviter en présentiel. Par contre, nous avons eu cette opportunité virtuelle de les inviter et 70 % des speakers de cet événement sont des Algériens qui ont réussi ailleurs et c’est une occasion de leur parler et de partager leurs expériences sur plusieurs sujets, tels le learning, le management et autres domaines des technologies et tendances actuelles.

 

Y aura-t-il des exposants dans le salon virtuel ?

Oui il y en aura, mais il y a un vrai souci incompréhensible de la part de certains opérateurs qui sont du domaine digital et qui n’arrivent pas à accepter le changement d’un salon en présentiel dans les précédentes éditions alors que la prochaine sera en virtuel. Nous étions toujours dans la vulgarisation pour aider les startups à toucher le maximum de partenaires soit en Algérie ou à l’étranger. Et à chaque édition, nous avons essayé d’innover et de présenter les nouveautés dans le domaine des TIC. D’ailleurs, les gens qui nous suivent depuis la première édition savent qu’à chaque fois nous ramenons du nouveau. Nous étions les premiers à lancer des challenges dans ce domaine et voilà qu’aujourd’hui d’autres jeunes se lancent dans le digital et dans l’événementiel des TIC et c’est une fierté pour nous. Mais face à la pandémie de Coronavirus, le stand de l’exposant sera présenté en 3D, à savoir son banners, ses produits et sa vidéo de présentation de l’entreprise, en plus d’une partie pour le téléchargement des documents, outre la partie consacrée aux conseillers. L’exposant peut mettre 10 ou 20 conseillers qui peuvent prendre en charge les visiteurs en même temps. Plus besoin de prendre leurs coordonnées. Dans cette édition, il suffit juste de leur répondre et le reste se fait automatiquement. Pour les personnes qui hésitent encore, peut-être sur ce point en tant qu’organisateur, nous n’avons pas communiqué comme il se doit et c’est l’occasion de m’exprimer à travers le journal le Chiffre d’Affaires et expliquer l’importance d’exposer en virtuel.

 

Le salon Algeria 2.0 cible généralement l’Algérie et l’Afrique. Avec le virtuel, allez-vous toucher plus de monde ?

Oui bien sûr. Le virtuel est une extension mondiale. Déjà sur le site nous avons eu des visites de certains pays que nous ne connaissons même pas et nous ne savons pas qu’ils existent dans ce monde. Là c’est un autre point positif du virtuel. Il n’y aurait pas cet impact si c’était en présentiel. Je ne dirais pas que ce dernier n’est pas important mais chaque manière d’organiser un évènement a ses avantages et par rapport à la pandémie, la décision a été vite prise pour l’organisation d’un salon virtuel comme cela se fait dans le monde entier.

 

À présent, les pouvoirs publics misent sur le numérique. Avez-vous eu au moins le soutien d’un département ministériel ?

Heureusement, nous avons eu le soutien du ministre délégué chargé des Startups et ça nous a demandé qu’un mail pour avoir la réponse. C’est extraordinaire que les responsables politiques réagissent vite. Dans les précédentes éditions, c’est toute une procédure de lettres et d’attente et peut-être sans réponse. Cette fois-ci, nous avons eu le parrainage du ministère des Startup et nous sommes accompagnés aussi par Facebook. Il faut noter que Facebook est notre partenaire pour la quatrième édition. C’est une opportunité aussi pour ne pas rater l’événement.

 

Vous organisez cet événement depuis dix ans pour vulgariser le numérique. Est-ce qu’on peut dire que nous sommes en retard ou nous sommes en train de se rattraper ?

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. En Algérie, nous pouvons sauter d’une ancienne technologie à la dernière nouvelle grâce à un saut technologique sans passer par les autres étapes. Ce retard nous permet d’aller directement vers la dernière génération des TIC. D’ailleurs, les jeunes startups sont en train de développer leurs compétences en la matière et il y a même certains jeunes qui vendent aujourd’hui leurs services et savoir-faire à l’international et assurent dignement leur survie par rapport à la crise sanitaire et ils sont bien noté à l’étranger. Pour les jeunes algériens, il suffit d’une opportunité pour prouver leurs compétences et être reconnus à l’international.

 

Qu’attendez-vous de ce salon virtuel ?

Notre objectif n’a pas changé. Au début, il y avait un vide dans le monde du digital et les gens ne savaient pas les multiples opportunités par rapport au web et l’apprentissage rapide qu’il offre. Il a fallu organiser un évènement pour les enfants de l’Algérie et vulgariser ces outils technologiques surtout que c’est un domaine en développement continue et chaque génération a aussi sa génération nouvelle de cette technologie et c’est notre rôle d’accompagner les jeunes des nouvelles générations. Aujourd’hui, quand je rencontre des jeunes qui ont assisté ou participé aux éditions précédentes du salon Algeria 2.0 et qu’ils me disent qu’ils sont des chefs d’entreprises et que c’est grâce à notre événement qu’ils se sont inspirés et trouver le créneau qui les a boostés, pour nous c’est une fierté et c’est notre but tracé dès le départ.

 

Quel est le programme de cet événement qui aura lieu du 1er au 3 avril prochain ?

En plus d’une série de conférences, il y aura trois salles pour différentes activités : une pour les talks de 15 minutes, une autre pour les workshops de 40 à 45 minutes avec démonstration et la troisième pour les panels qui traitent différents sujets. Il y aura aussi le panel women tech, car nous avons toujours soutenu les femmes qui investissent dans la technologie. D’ailleurs, dans chaque édition, nous invitons des femmes pour parler de leurs expériences et échanger leur savoir-faire, outre le panel de la future technologie et celui de l’intelligence artificielle en Algérie. Les autres panels sont des workshops qui abordent une grande partie des tendances dans le monde et les besoins de l’Algérie en la matière. C’est pourquoi j’invite tous les Algériens à venir visiter le salon pour s’inspirer et profiter du programme surtout que tout est gratuit.

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