Le secteur pharmaceutique perturbé

Après l’appel à la grève du Snapo

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Par Arezki Louni

Que se passe-t-il dans le secteur pharmaceutique ? Le dernier communiqué du ministère de tutelle renseigne, si besoin est, sur un malaise qui couve au sein de cette corporation. 

 

Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a, en effet, appelé l’ensemble des acteurs concernés à se «démarquer des manipulateurs d’opinion» et des actions visant à fragiliser la disponibilité des médicaments. Dans le contexte sanitaire particulier que vit le pays, le ministère demande aux professionnels du secteur à «faire preuve de responsabilité et à s’inscrire dans une démarche constructive au service du citoyen algérien». Les éventuelles ruptures annoncées par certaines parties visent, ajoute le communiqué, «à installer un climat d’instabilité et d’inquiétude». La création toute récente de l’Observatoire national sur la disponibilité des produits pharmaceutiques, impliquant toutes les parties même les prescripteurs et s’appuyant sur une nouvelle plateforme numérique est «l’une des avancées majeures ayant pour objectif le règlement de la problématique des ruptures vécues avec acuité depuis de nombreuses années», a-t-il souligné. Sur un autre chapitre, les craintes du ministère ont été confirmées par le Conseil national de l’ordre des pharmaciens (CNOP) qui «condamne fermement» les déclarations, publications et appels à la grève et boycott des commandes par le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (SNAPO). Le CNOP «condamne sans réserve les agissements et déclarations du SNAPO qui, à défaut de propositions constructives pour améliorer la situation de notre profession et la préservation de la santé de nos concitoyens, s’isole de l’ensemble de la profession et verse dans des polémiques diffamatoires», indique le même communiqué. Pour sa part, l’Association algérienne des distributeurs pharmaceutiques (ADPHA) a, en réponse à la grève blanche du SNAPO entamée depuis une semaine, estimé préférable «de faire prévaloir le dialogue et la recherche de solutions constructives, impliquant producteurs, distributeurs et pharmaciens d’officines en étroite concertation avec les autorités publiques compétentes». Rappelant que l’ensemble des acteurs de la chaine du médicament sont soumis «aux mêmes contraintes et aux mêmes règles et visent le même objectif», l’ADPHA estime que «le SNAPO se trompe de cible en s’attaquant aux distributeurs». Selon cette association professionnelle, les ruptures n’ont pas pour origine une quelconque pratique «malsaine» des distributeurs, mais elles tiennent à des problèmes inhérents au fonctionnement du mode de régulation. Pour l’ADPHA, tout responsable au niveau de la filière pharmaceutique nationale devrait garder à l’esprit la période exceptionnellement perturbée que traverse l’économie nationale. «Dans un tel contexte, les acteurs principaux du secteur, à l’image du SNAPO, devraient s’en tenir à un minimum de réserve et ne devraient pas alimenter les inquiétudes qui s’expriment au niveau de la population. Il y a plusieurs solutions plus apaisantes et moins contestables de dénoncer le phénomène des ruptures», observe l’ADPHA. 

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