Le troc, un appui au développement des régions frontalières

Publication de l’université d'Adrar

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Une nouvelle édition sur le troc frontalier entre l’Algérie, le Mali et le Niger, considéré comme un appui au développement des régions frontalières algériennes, est venue enrichir la bibliothèque nationale à l’initiative du laboratoire d’intégration économique algéro-africaine de l’université (LIE-AF) d’Adrar.

 

Ce recueil qui tombe sur 160 pages regroupe diverses contributions mettant en valeur le commerce du troc, un des aspects du commerce extérieur, son évolution chronologique, les régions de son exercice, son rôle dans la protection des réserves en devises des pays, les défis rencontrés à l’ère de la mondialisation économique et l’E-commerce. Cette publication est la somme des participations fructueuses des enseignants de l’université d’Adrar aux ateliers des travaux d’aménagement et de développement des zones frontalières algériennes, tenus auparavant à Adrar sous l’égide du ministère de l’Intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire (MICLAT), et l’agence nationale d’aménagement et d’attractivité des territoires (ANAAT), a affirmé Bilal Boudjemâa, membre du laboratoire scientifique (LIE-AF). Le commerce du troc, a indiqué M. Boudjemâa, également enseignant à la faculté des sciences économiques de l’université d’Adrar, « revêt une importance dans les économies locale et mondiale qui constituent un indicateur de la bonne santé de la productivité et la compétitivité sur le marché international et une ressource essentielle pour la dynamisation du développement local, les zones frontalières notamment ». Pour le directeur du laboratoire, Abdelfattah Bendahmane, le troc fait partie des indicateurs d’évaluation, par le passé mais également à l’heure actuelle, de la performance des économies, ajoutant que l’Algérie est attachée à son continent au travers de ses quatre wilayas du grand Sud, à savoir Tindouf, Adrar, Tamanrasset et Illizi, dont cet attachement est concrétisé par le commerce du troc mené avec les pays voisins du Mali et du Niger, via les wilayas d’Adrar et de Tamanrasset.

Entre autres contributions retenues dans cet ouvrage, l’approche fournie par l’universitaire Ahmed Hellali qui, renvoyant le commerce du troc aux anciennes ères, a expliqué que ce type de commerce est axé sur les activités d’importation et d’exportation chapeautées par les gouvernements et entreprises économiques. Après avoir passé en revue le développement du troc frontalier, la préservation de sa place en dépit des mutations dans les échanges commerciaux internationaux, Leila Ayad, de la même institution universitaire, a souligné que « l’Algérie exerce et pratique encore des échanges commerciaux avec les pays du Sahel, notamment avec le Mali et le Niger par le biais des caravanes commerciales », avant d’illustrer cette approche par les expériences de ce type de commerce dans les pays de l’Indonésie et de l’Égypte. Ce recueil aborde également l’impact du troc entre l’Algérie, le Mali et le Niger dans le développement des zones frontalières algériennes, à la faveur de l’organisation des conditions d’exercice de ce commerce frontalier, notamment celles liées aux marchandises éligibles et ses retombées positives. L’ouvrage prévoit, à titre illustratif, une étude analytique au développement des exportations de la wilaya d’Adrar dans le cadre du troc entre 2000 et 2017, dont on relève un volume d’exportation de plus de 55 millions de dinars (MDA) en 2000 vers le Mali, puis 180 MDA en 2003 pour atteindre un volume record de plus de 200 millions de dinars en 2011. Le recueil du laboratoire propose, en conclusion, une série de recommandations allant dans le sens de la promotion du troc frontalier, dont notamment la concrétisation, en priorité, de la route reliant Adrar (dans le Sud de l’Algérie) à Gao (dans le Nord du Mali). La réduction des charges administratives, l’assouplissement des procédures organisationnelles de l’import et de l’export dans le cadre du troc, l’ouverture de nouvelles perspectives commerciales avec les nouvelles entreprises et entités de production dans les régions frontalières font partie des recommandations retenues dans cet ouvrage académique.

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