L’économie algérienne victime de la grande corruption

En plus d’un modèle d’organisation stérile

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Par Abdelkader Mechdal      

Les révélations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, autour de la réalité du monopole exercé sur les affaires économiques du pays, par une poignée d’une cinquantaine d’hommes d’affaires sous le règne de Bouteflika, témoignent du fait que le désinvestissement et le chaos économique hérités, sont prémédités et que le flagrant retard pris dans le développement, est loin d’être le fait du modèle économique seulement, mais le fait d’une main invisible et malveillante aussi.

  

Deux grands facteurs sont à l’origine du fiasco économique que vit l’Algérie, en relation avec son modèle économique qui ne fait que redistribuer le rôle du monopole au profit de nouveaux maitres, substituant la mainmise de l’Etat de l’ère socialiste, pour que ces derniers mènent au deuxième facteur, qui est celui d’imposer leur « propre loi », à travers des adaptations réglementaires complices qui ont barré la route, devant toute tentative de décollage pour l’économie nationale. Il n’est pas fortuit, que dans ces conditions désastreuses, l’Algérie enregistre des niveaux de croissance et d’emplois des plus faibles, en les comparants avec le potentiel, matériel et humain, dont dispose le pays.

Pourtant, cette évolution avait fait le sujet de débat entre opérateurs économiques, dès le début des années 1990, et en 1993, précisément, quand le défunt homme d’affaires Khaled Ait Mouheb a pris la parole, au cours d’un Séminaire organisé à l’époque par le ministère du Commerce, au sujet de l’ouverture du commerce extérieur, où il a fustigé le possible passage d’un état de monopole public, à celui de monopole privé, pour attirer l’attention des Pouvoirs publics, sur la gravité d’une telle évolution, vu l’expérience de certains pays de l’Europe de l’Est, ce qui avait freiné l’engouement pour passer à une économie de marché concurrentielle, qui allait permettre l’atteinte d’une meilleure croissance et l’élévation du niveau de vie des citoyens. C’est justement l’expérience amère, qui a été enregistrée en Algérie, profitant des frappes du terrorisme et la faiblesse des Institutions de l’Etat devant un capital qui se développait à l’encontre des intérêts de l’économie, et de l’Algérie toute entière.    

Et voilà que les choses se sont déroulées, selon la logique du lobby construit autour d’une réforme, qui ne faisait en fait que jouer au profit d’une minorité d’hommes d’affaires, qui ont porté la situation vers une faillite programmée, avec l’aide d’une classe politique toute prête à tout leur céder, en contre-partie de la consolidation de leur position matérielle eux aussi, au point que le président Tebboune a qualifié cet état de fait, de « la corruption comme mode de gestion des voleurs », ayant comme résultat d’affaiblir l’Etat. Justement, ce qualificatif de la part du premier Magistrat du pays, est à lui seul la clé de la réussite de la nouvelle réforme, si le Président arrive à instaurer les règles de la bonne gouvernance, et revenir vers la situation qui pourrait aider l’Algérie à reprendre sa place la plus naturelle, comme une vraie force économique régionale, et là, elle est dotée de moyens, pour un du sursaut que tous les Algériens attendent, depuis l’indépendance du pays.      

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