Les 4 grands défis qui attendent nos décideurs publics en 2021

Afrique

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L’année 2020 a marqué l’économie mondiale par son lot de crises aussi imprévisibles les unes que les autres. En Afrique, elle a surtout éprouvé la capacité d’adaptation et de résilience des Etats, dont les dirigeants ont dû se retrousser les manches pour faire face aux difficultés qui se sont présentées à eux. Alors que 2021 annonce pour le continent une multitude de nouveaux projets, la persistance de certaines crises internationales devrait rendre encore plus délicat le travail des décideurs publics qui doivent en même temps renforcer leurs économies et protéger les populations. Tour d’horizon de quatre grands défis auxquels feront face nos dirigeants en Afrique en 2021.

L’élimination de la pandémie de covid-19 est sans aucun doute le premier défi auquel devront faire face les Etats africains, cette année. La pandémie a officiellement touché en Afrique 3,1 millions de personnes et causé 74 444 décès pour 2,5 millions de guérisons. Et si le continent reste à ce jour le moins touché par le virus, l’accélération rapide des contaminations ces dernières semaines, n’est pas de nature à rassurer les décideurs publics.

En 2020, la pandémie a plongé la plupart des économies du continent dans une récession historique, stoppant net l’élan pris ces dernières années par les pays africains. En octobre, les prévisions de la Banque mondiale indiquaient que pour la première fois depuis 25 ans, l’Afrique subsaharienne enregistrerait une contraction de 3,3% de son économie, n’épargnant que quelques pays comme la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Kenya. Pour mettre fin à cette pandémie, les pays africains ont donc multiplié les commandes de vaccins auprès des fabricants internationaux, dans le cadre notamment de l’initiative Covax de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), visant à fournir plus de 2 milliards de doses de vaccins aux pays en développement, d’ici fin 2021. En décembre dernier, l’Angola et le Kenya ont ainsi commandé respectivement 12 millions et 24 millions de doses de vaccins contre la covid-19. Le 10 janvier, l’archipel des Seychelles est devenu le premier pays du continent à lancer une campagne de vaccination massive de sa population. L’objectif affiché par la majorité des nations du continent est d’immuniser dans l’immédiat, une large partie de la population contre le virus, de 20% au Kenya, à 67% en Afrique du Sud.

Outre son éradication sur le plan strictement sanitaire, il faudra aussi relever les défis sociaux imposés par le coronavirus. D’après la Banque mondiale, jusqu’à 40 millions d’Africains pourraient basculer dans l’extrême pauvreté en raison de la pandémie. Une situation que devront absolument éviter les gouvernements africains qui tablent déjà sur une reprise économique pour l’année 2021, et espèrent attirer à nouveau d’importants flux d’investissements directs étrangers.

Rendre (enfin) opérationnelle la ZLECAf

Initialement prévue en juillet 2020, l’entrée en vigueur de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) avait dû être reportée à 2021, à cause du coronavirus. Devenue officiellement opérationnelle le 1er janvier 2021, le principal défi des pays africains est de la rendre effective sur le terrain, surtout compte tenu des obstacles qui se dressent devant elle.

Ultime projet de marché unique du continent africain, la ZLECAf vise à rassembler 1,3 milliard de potentiels consommateurs pour un PIB estimé à 3400 milliards $. Dans le cadre de l’accord qui l’a créée, les pays membres se sont engagés à éliminer progressivement 90 % des lignes tarifaires au cours des cinq à dix prochaines années, afin de créer une véritable zone de libre-échange. 7% de ces lignes jugées « sensibles » feront l’objet de négociations spéciales, tandis que 3% ne seront pas comprises dans le processus de libéralisation.

Plusieurs experts ont indiqué qu’il faudra plusieurs années pour rendre totalement opérationnel ce marché unique censé donner un énorme coup de boost au commerce africain. L’un des principaux défis concernant sa mise en œuvre est la réalisation des infrastructures nécessaires pour faciliter l’interconnectivité des différents marchés dans la sphère économique africaine. D’après la Banque africaine de développement (BAD), le continent a besoin en moyenne de 170 milliards $ par an pour combler son déficit infrastructurel. Hormis cela, l’autre principal défi qui se pose aux dirigeants africains est celui de l’harmonisation de leurs intérêts parfois divergents en matière commerciale. Cela s’est non seulement manifesté à travers les réticences de plusieurs pays à signer l’accord portant création de la ZLECAf, mais également à travers les tensions commerciales qui ont marqué l’année 2020, notamment entre le Nigeria, le Bénin et le Niger.

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