Les facteurs d’attractivité des IDE

Climat des affaires en Algérie

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 Par Mr KOUITINI Brahim et Mr DJOUADI Djamel

Elle repose sur l’hypothèse de l’imperfection des conditions de la concurrence pour expliquer les mobiles de l’investissement étranger et permet de mieux prendre en considération les situations réelles rencontrées par les firmes; l’idée de l’oligopole imparfait constitue le cas de figure le plus riche de l’analyse de la multinationalisation.

En effet, l’oligopole favorise l’internationalisation du capital; permet à la firme grâce à la transnationalisation d’éliminer les obstacles qui s’opposent à son profit et à sa croissance; la firme se délocalise vers les nouveaux marchés pour exploiter les avantages technologiques et les produits différenciés dont elle dispose, ainsi que pour maximiser son profit; en ce sens « la multinationalisation» apparaît comme le moyen de surmonter les limitations qu’une firme rencontre dans l’oligopole national; elle confère à la firme qui s’implante à l’étranger un atout décisif sur ces concurrents, et l’exploitation directe de cet atout, qu’il soit technologique ou commercial, lui permet d’en retirer une quasi rente économique. « La multinationalisation » correspond par conséquent à une situation économique négative, et ce, dans la mesure où elle est le seul refuge pour les FTN pour écouler leurs produits, trouver des débouchés et sortir du marasme interne; mais aussi à une situation économique positive, et ce, dans la mesure où la FTN exploite ses atouts et avantages comparatifs dont elle dispose pour résorber ses déficits internes et réaliser plus de profit.

 La théorie de l’approche électique de DUNNING, paradigme d’OLI C’est l’approche la plus complète sur la stratégie des FMN en matière d’investissement étranger et qui remonte au milieu des années 70 avec l’œuvre de Dunning. Elle est intéressé à savoir pour quel raison une firme choisit de s’implanter à l’étranger plutôt que d’exporter, ou d’accorder des licences et des franchises ou de vendre des brevets. L’intérêt de cette théorie est de proposer une explication de la multinationalisation des firmes d’un point de vue sectoriel et individuel, elle prolonge la théorie de l’internalisation. Néanmoins, son analyse reste limitée seulement au niveau microéconomique. Approche de Dunning globalisé sur les facteurs explicatifs de l’investissement direct fait de lui le pionnier du paradigme OLI (propriété, localisation, internationalisation) dans laquelle il réunit trois avantages essentiels selon lui qui poussent les multinationales à s’implanter à l’étranger30 : A. Avantages spécifiques (Ownership advantage « O ») : Ces avantages prennent la forme d’actifs mobiliers, incorporels qui sont la propriété exclusive de ceux qui les détiennent. Entre dans cette catégorie pratiquement tout se qui a trait au capital humain (y compris les compétences en commercialisation et le savoir faire technique), la différenciation des produits, l’image de marque, la qualité des produits, les droits de propriété (y compris les brevets, les formules et les marques commerciales. 

  1. Avantages de localisations (Location advantage « L ») : Existence d’un avantage à utiliser ces actifs pour produire dans plusieurs pays plutôt que d’exporter à partir d’une production dans le seul pays d’origine. Elle permet d’accéder aux matières premières, au travail à bas prix et aux différents marchés. En effet, elle permet aussi pour la firme d’éviter les barrières naturelles ou artificielles à l’échange comme les droits de douane, les quotas à l’exportation ou l’importation, les coûts de transports, etc. Elle peut aussi bénéficier d’un accès préférentiel à d’autres marchés, dont bénéficie le pays hôte. Cet avantage peut être lié à l’allocation spatiale des ressources naturelles entre les pays. C. Avantages d’internalisation (Internalization advantage « I ») : Selon cette théorie, une firme ayant un avantage dans la propriété du produit ou dans le processus de production, aurait éventuellement intérêt à s’installer dans le pays hôte qu’à exporter. Comme de bien, elle permet d’éviter les coûts associés aux transactions entre sociétés indépendantes, coûts liés à la passation des contrats et à la garantie de la qualité. Elle peut aussi procéder par vente de licence de production ou franchise à une entreprise locale, mais dans ce cas elle ne pourra pas maîtriser le marché ni l’exploiter directement. L’IDE, comme mode de pénétration du marché étranger est fonction de la conjecture entre ces trois types d’avantages (spécifique, à la localisation et à l’internalisation). Une implantation à l’étranger par le biais des IDE n’est possible que si les trois avantages spécifiques (O, L et I) sont réunis. 

En revanche, si l’avantage des coûts à la localisation L n’existe pas en présence des deux autres avantages O et I, la firme garde la maitrise de la pénétration du marché étranger en y établissant et en exportant même son propre réseau de vente ; par contre, la vente de licence auprès d’une entreprise locale sera le choix le plus favorable si elle ne dispose que l’avantage spécifique.

Dunning a fait un arbitrage entre trois modalités de pénétration des marchés étrangers : licence, exportation et l’importation, IDE. L’entreprise choisit l’implantation à l’étranger sous forme d’investissement direct si elle réunit les trois avantages.

L’attractivité d’un pays est déterminée par des facteurs traditionnels, mais aussi, par la qualité des institutions et des politiques publiques. Des politiques économiques transparentes influencent positivement le comportement des investisseurs. 2.1 Définition de l’attractivité L’attractivité des IDE peut être définie comme l’ensemble des politiques économiques, fiscales, douanières et institutionnelles que les autorités ont élaborés afin de rendre le territoire national attractif aux yeux des investisseurs. Ces politiques tiennent comptent des conventions internationales entre Etats et respectent les principales clauses commerciales internationales en vigueur dans le monde33 . L’attractivité est définie par trois facteurs : l’attrait du marché (taille du marché), l’intensité concurrentielle (nombre de concurrents), l’accessibilité du marché. L’attractivité des investissements directs étrangers s’étaie sur une panoplie de reformes et de mesures incitatives prises par les pouvoirs publics en vue de progresser l’environnement financier, économique et d’inciter les investissements étrangers privés.

Les approches d’attractivité territoriales traitent principalement trois niveaux : sectoriel, national et à l’échelle de l’entreprise.

L’approche macroéconomique 

Cette approche vise à identifier les déterminants globaux expliquant le degré d’attractivité du territoire considéré pour les investissements internationaux, elle conduit à comparer les territoires en fonction des principaux facteurs de localisation retenus par les entreprises. Elle consiste donc à recueillir systématique des éléments de comparaison agrégés sur les fondamentaux de l’attractivité tels que : main d’ouvre, infrastructures, marchés, cout et qualité des facteurs…etc. Ces comparaisons peuvent concerner le niveau sous-national (région, villes, etc.) elles sont dans la majeure partie des cas mises en œuvre au niveau national. Elles permettent, entre autres, la réalisation d’argumentaires généraux sur le territoire et l’élaboration d’un diagnostic d’ensemble sur son attractivité.

L’approche méso-économique 

Elle permet de comprendre pourquoi une catégorie spécifique d’activités sera davantage attirée par un territoire particulier. Cette approche intéresse aux effets de compétitivité sectorielle liée à la concentration sur une zone géographique donnée d’activités complémentaires ou similaires (cluster, district industriels, etc.). Elle nécessite la mise en œuvre des méthodes spécifiques permettant à recenser tous les facteurs présents sur le territoire et susceptibles de lui donner une attractivité particulière pour l’activité concernée (entreprises spécialisées, ressources humaines, centres de recherche et de formation, offre immobilière, infrastructures dédiées, réseaux de coopération…). Cette approche, vise à mettre en évidence, à un niveau très fin et très opérationnel, les atouts d’un territoire pour une activité donnée, afin de parvenir à un ciblage précis des investisseurs susceptibles de venir s’implanter dans ce territoire.

L’approche microéconomique : Cette approche conduit à définit l’attractivité comme la capacité à proposer, en réponse à chaque projet mobile, un bouquet d’offre de facteurs répondants de manière compétitive aux spécifications exigées par les entreprises. Elle s’intéresse à la manière dont le processus de décision de la firme se déployé dans le cadre d’un projet donné. Elle peut s’appuyer sur l’utilisation couplée de « business plans » et de scénarios prospectifs, permettant à prendre en compte les incertitudes liées aux différents facteurs susceptibles d’influer sur le niveau des coûts et des recettes. 34Graba D, Hassaoui A, « Essai d’analyse des fact.

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