Les familles ont dépensé en moyenne 17 054 DA

Besoins de santé durant la Covid-19

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D’après la dernière enquête nationale sur les dépenses et le niveau de vie des ménages de 2011 (ONS, 2011), on constate que les postes de dépenses les plus importants chez les ménages algériens sont les dépenses alimentaires, suivies des dépenses de logement ensuite les dépenses de transport alors que les dépenses de santé et d’hygiène ne représentent que 4,8% du budget en 2011 soit une perte de 1,4 point entre 2000 (ONS, 2011) et 2011.  Toutefois, une récente enquête du Cread révèle de très grands écarts en termes d’importance par rapport au poste santé et hygiène et dépenses alimentaires. Bien que les trois enquêtes ne soient pas comparables puisqu’elles ne suivent pas la même méthodologie, «nous remarquons que, pour l’année 2020, des changements considérables dans le comportement de consommation suivant les réponses des répondants. Les dépenses les plus importantes sont toujours les produits alimentaires en tête suivis par les dépenses d’hygiène puis les dépenses de santé».

L’écart entre le mois d’avril et celui de mai montre un jeu de préférences entre ces trois postes budgétaires. Bien que la dépense alimentaire reste toujours en tête, elle perd 0,3 point d’écarts entre les deux mois et les dépenses d’hygiène gagnent 0,7 point alors que les dépenses de santé gagnent 1,1 point d’écarts entre le mois d’avril et mai. Cette démonstration illustre un comportement adapté à la crise sanitaire de la part des familles c’est-à-dire une réduction des dépenses alimentaire en faveur des dépenses de santé. Au début de la pandémie les familles se sont approvisionnées en anticipant une rupture des stocks des denrées alimentaires vers le deuxième mois du confinement, elles se sont plutôt orientées vers un calcul utile de dépenses (l’achat de bavettes, des compléments alimentaires et médicaments ; analyses médicales liées au COVID19…etc.)

Durant le confinement, les familles ont dépensé en moyenne 17054 DA pour les dépenses médicales urgentes, ces dépenses ont concerné beaucoup plus l’achat des médicaments « dépenses ambulatoires de santé », suivis par les consultations médicales. 

Selon l’ONS, en 2011, les dépenses moyennes annuelles liées aux soins médicaux représentaient 60% du budget alloué à la santé et hygiène, dont 63% dédiés aux achats de médicaments soit la part la plus élevée suivis par les frais d’honoraires des médecins (ONS, 2011, p 12).

La répartition entre les hommes et les femmes, révèle un comportement genré des dépenses de santé urgentes. Les résultats montrent de légères différences concernant les dépenses urgentes durant la période avril-mai. Les écarts sont importants par rapport aux dépenses ambulatoires, (soit l’achat de médicaments, les hommes dépensent plus que les femmes même pour les visites médicales) alors que le renouvellement d’ordonnance et les analyses médicales sont des dépenses féminines.

En temps de pandémie, les familles ont engagé des dépenses exceptionnelles, s’élevant en moyenne à 8016 DA d’après notre étude. Elles sont réparties entre l’achat de bavettes ou de masques et l’achat de gel hydroalcoolique. La répartition entre les femmes et les hommes montre une très large différence par rapport aux dépenses de préventions, en moyenne 9915,6 DA pour les femmes et 6415,5 DA pour les hommes, (les femmes dépensent 1.5 fois plus que les hommes). Ces comportements genrés, montrent que la femme est plus préventive que l’homme en général.

Synthèse Z R

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