Les systèmes de management, un outil de pilotage

Opérationnaliser la Performance Globale des Entreprises

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Par Mehdi HADDADEN ET Rabah KECHAD 

À ce stade, une autre problématique s’associe à cette « agrégation des performances économiques, sociales et environnementales » (Renaud, Berland, 2007). Cette dernière fait l’objet de sa mesure et appréciation. Les dispositifs d’évaluation utilisés par les entreprises, à l’heure actuelle, ne permettent pas d’intégrer, de manière équilibrée, aux dimensions économiques et financières traditionnelles, des dimensions environnementales, sociales et de couvrir un périmètre d’impacts plus large (Douhou, Berland, 2007). Les outils existants évaluent les performances de manière séparée ou mesurent au mieux le croisement de deux performances.

La montée en puissance de la culture de reporting en matière d’engagement sociétale chez les entreprises, largement reconnues sous l’appellation de « Rapports RSE » ou « rapport de développement durable », la RSE pourrait être vue comme un compte-rendu à la société des pratiques et activités des organisations en général et des entreprises en particulier, à travers des batteries d’indicateurs plus ou moins pertinents. D’ordres sociaux et environnementaux, ces indicateurs reflètent les résultats et les performances extra-économiques (parfois contestables) et hors la valeur ajoutée économique des entreprises, ils désignent aussi cette appropriation de la RSE à travers la mise en place d’un système d’indicateurs. Cette nouvelle tendance date de quelques années, En effet, en 1996, un groupe international de spécialistes des mesures et de chercheurs s’est réuni à Bellagio en Italie afin discuter cette question voir, problématique d’évaluation des progrès en matière d’engagement sociétal (Delchet, 2006). Puis l’initiative de GRI vient consolider cette démarche en proposant une analyse plus approfondie à cette approche d’évaluation par trois sections à savoir : vision et stratégie, profil et structure de gouvernance. Plusieurs autres initiatives de nature publique gouvernementale et privée ont essayé de construire des référentiels pour la production de la communication des indicateurs de développement durable et cela afin d’évaluer le degré de contribution des entreprises au développement durable et de mesurer leurs responsabilités sociétales. L’intégration et l’adhésion plus ou moins courante des entreprises aux référentiels de systèmes de management de la qualité (ISO 9001), de l’environnement (14001), de la santé et la sécurité au travail ISO (45001), ou encore sociétaux avec la norme SA 8000, ISO 26000 à jouer en faveur de cette idée de normaliser la RSE et rendre son déploiement d’une une approche stratégique et opérationnelle.

Les outils de mesure actuellement disponibles 

Il existe pratiquement toute une panoplie de dispositifs et d’outils de mesure des performances en matière de thématiques de la RSE, ils traitent dimensionnellement ou globalement lesdites problématiques du DD et de la RSE. Comme explicités plus en haut, nous nous intéressons d’une manière plus spécifique aux outils qui fournissent le mieux une vision globale de la performance.

Les différentes initiatives en matière de reporting social tel que le bilan social ainsi que travaux de normalisation qualité (ISO 9000), environnementale (les normes ISO 14000, EMAS) et de normalisation sociale (ISO 45000, les normes SA 8000, AA 1000) sont des outils unidimensionnels (ils intègrent, en paries les enjeux de la PGE et de la RSE). Par contre, les outils tels que le Balanced Scorecard (dans sa version actualisée à la RSE), le Guide SD 21000 et la norme ISO 26000, traitent la dimension globale de la performance, elles incorporent d’une manière holistique les volets de la PGE et proposent des lignes directrices pour la prise en compte des enjeux de la responsabilité sociétale dans la stratégie et le management de l’entreprise. 2. Etude comparative Pour confirmer ou infirmer donc notre hypothèse de recherche, le choix a été orienté vers une étude comparative entre trois cas d’entreprises, une étude qui nous servira d’un cadre pour analyse quantitative, permettant à la fois de récolter un panel de données et d’en exploiter les statistiques. Le terrain de cette étude comparative concernera, donc, trois cas d’entreprises algériennes entre statut privé et public certifiées à différents cadres normatifs et à des niveaux de maturité en terme de démarche qualité variés, il s’agit de l’EPE/SPA SAIDAL, l’EPE/SPA FAGECO/ENMTP et de la SPA SASACE. Afin de démontrer cette compatibilité entre la démarche Qualité et la démarche RSE nous avons utilisé deux grilles d’évaluation, d’abord la grille de maturité de la démarche qualité (GMDQ) qui nous sert d’outil de mesure de degré d’intégration des enjeux de la démarche qualité, ensuite une grille inspirée du guide SD 21000 pour mesurer l’intégration des principes de la RSE, ces deux grilles seront administrées aux acteurs de chaque entreprise pour enfin avoir une base de données exploitable statistiquement.

Méthodologie de la recherche

Les données tirées des deux grilles d’évaluation seront traité d’une manière à avoir le plus d’objectivité possible sachant qu’on a travaillé avec la moyenne (indices moyens pour chaque série de réponses) pour ne pas biaiser les résultats, ces derniers seront traduits pour certains calcules en taux (pourcentages) afin de mieux étudiées le sujet.

Âpres d’administration des deux grilles d’évaluations (GMDQ et SD 21000 aux cadres supérieures des trois entreprises, nous avons obtenu les résultats sous forme des scores (notes) sur une échelle de trois niveaux qui indiquent les degrés de maturité des démarches qualité et les performances sociétales. La méthode quantitative consiste à recueillir, traiter et analyser statistiquement les données tirées des deux grilles d’évaluation, tout en expliquant le choix des tests statistiques à appliquer, ainsi et il nous sera possible d’accepter ou refuser les hypothèses de la recherche et ceci d’après les résultats déduits.

Évaluation des performances globales

Constat et diagnostic L’objet de cette étude menée auprès de trois entreprises est de mettre en évidence le degré de la contribution que peut générer une démarche qualité formelle, structurée et conforme aux cadres normatifs sur l’opérationnalisation des indicateurs de la PGE. Il s’agit donc, par le biais de deux grilles d’évaluation d’apprécier et de confronter la maturité en matière d’adoption des principes de la démarche qualité aux axes de la PGE à savoir la gouvernance et les pratiques managériales, le développement durable, la performance économique, la responsabilité sociale et la responsabilité environnementale. Les données utilisées dans cette évaluation représentent des résultats obtenus à partir des grilles d’évaluations résignées par les cadres des entreprises étudiées notamment les responsables HSE, SMQ et Assurance Qualité. En premier lieu, dans le cadre de cette étude, il s’agit de démontrer la corrélation entre les variables de la démarche qualité de certification et les variables liées à la performance globale. Présentons d’abord une analyse descriptive synthétique des résultats

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