«L’Etat doit en finir avec le monopole»

Ali Lourari au Forum d’El Wassat

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Par Zahir Radji

L’Algérie connait une récession économique sans précédent. Une situation qui s’est aggravée par la pandémie coronavirus qui persiste encore. Ceci a engendré la régression du pouvoir d’achat des algériens, en reculant de 30 à 40%, suite notamment à la détérioration de la valeur de la monnaie nationale. Le travailleur qui avait un salaire de 100 000 DA en 2017,  a maintenant une valeur de 70 000 DA ! 

 

Selon le docteur en sciences politiques, Ali Lourari, la monnaie nationale (le dinar) est devenue très faible. Une chose qui s’explique par la récession économique, le mouvement populaire (Hirak) et la pandémie. L’investissement dans notre pays est pratiquement à l’arrêt depuis 2 ans maintenant. Lors de son passage au forum de notre confrère «El Wassat», l’enseignant universitaire a affirmé que l’économie nationale est une économie de la «coterie». La richesse nationale est mise entre les mains d’un groupe d’hommes d’affaires, en détenant le monopole sur plusieurs domaines. 

«Il est inadmissible qu’un Tahkout, ou un Ali Haddad deviennent du jour au lendemain des milliardaires. On ne peut construire une économie forte avec le monopole. Même les pays libéraux, où la concurrence est régulée généralement par le marché, l’Etat intervient pour mettre un terme à ce comportement», a-t-il souligné. Le meilleur exemple à citer est celui opposant des consommateurs américains au géant Appel. En 2019,  le gouvernement a fini par intervenir pour réguler le marché. L’intervenant a affirmé que l’économie fonctionne en norme lorsque les lois de la République soient appliquées équitablement à tous les opérateurs économiques. En outre, le recul drastique du pouvoir d’achats des ménages a soulevé une vague de contestation sociale chez les syndicats de différents secteurs. Les travailleurs réclament la révision des statuts particuliers et la révision à la hausse des salaires. Rabah Laroussi, enseignant universitaire présent également à ce forum a appelé à l’ouverture d’un dialogue sérieux avec les partenaires sociaux dans le but de trouver des solutions raisonnables aux différents conflits. 

Ce dernier a indiqué, en outre, que ces revendications ne seront pas satisfaites dans l’immédiat, vue la situation économique du pays et le départ incessamment (juste après les législatives) de ce gouvernement, qualifié de gestion des affaires courantes. Les revendications des travailleurs seront comme étant, dira-t-il, un programme pour le prochain gouvernement. Ce dernier aura sans doute du pain sur la planche, notamment avec la monté en puissance du mouvement social.

Par ailleurs, Ali Lourari a appelé au renforcement de la diplomatie économique et d’en finir avec les anciennes pratiques, dont le discours de l’Algérie à l’international est prédominé par la politique. Au niveau du continent africain, à titre d’exemple, l’Algérie détient des relations exceptionnelles avec la plupart des pays africains, mais l’échange économique entre les deux parties est «insignifiant» et parfois «inexistant» même.

Dans ce cadre, l’intervenant s’est interrogé sur l’utilité d’avoir un ministre qui parle et maitrise plusieurs  langues, sans pouvoir ramener un seul investisseur au pays ! À cet effet, recommande-t-il, il est plus qu’impératif de changer notre discours, en s’inspirant des pays leader dans le domaine, à l’instar de la Turquie, le Qatar et les Emirats arabes unis. 

 

 «Les pays de l’Afrique doivent d’être notre extension économique naturelle. Actuellement, on est concurrencé par des petits pays du Golfe, la Turquie et la Chine.  On doit, tout simplement  dynamiser notre diplomatie, tout en se mettant en diapason avec les normes internationales», a-t-il souligné.

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