L’étudiant qui ne savait pas

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Par/ Malek Harami

C’est l’histoire d’un étudiant qui s’était endormi en classe. Quand il se réveilla, il trouva sur le tableau une équation. Croyant avoir affaire à un devoir, il se mit à faire l’exercice.

Le lendemain, quand il rendit sa réponse, le professeur, étonné, lui dit : « il s’agissait d’un exemple d’une équation impossible restée sans solution ».

En fait, l’étudiant avait résolu l’équation parce qu’il ne savait pas qu’elle était « impossible ».

Tout simplement.

Les agriculteurs d’El Oued, qui ne cessent de nous étonner par leur génie ne savaient pas que c’était « impossible » de faire pousser des tomates au Sahara. Encore moins qu’il était « interdit » de creuser des forages. Il ne savaient pas non-plus que le pivot d’irrigation était une « technologie de pointe » qu’on ne pouvait pas fabriquer chez nous.

Les industriels d’Ain M’lila, de Blida ou de Tizi-Ouzou, eux non-plus ne savaient pas que c’étaient « impossible » de produire des pièces mécaniques ou du fromage parce que « c’est trop compliqué ».

Et pourtant, ils produisent.

Parce qu’ils n’ont pas écouté les officiels et autres experts leur dire « On ne peut pas concurrencer les Chinois ».

Et les entreprises du monde entier ont continué à produire et à se battre sur les marchés internationaux. En tirant profit des avantages compétitifs de leurs pays. Et en œuvrant sans relâche à renforcer leurs capacités internes. 

Si les Turcs ou les Tunisiens n’ont pas baissé les bras face à la concurrence. Il n’y pas de raison pour que les Algériens se résignent à la fatalité de tout importer.

Nous qui étions si fiers de notre industrie que nous enviaient l’ami et l’ennemi.

Nous n’avons pas le droit d’abdiquer.

Parce que toute l’Histoire de l’humanité est animée par des tentatives de renverser un ordre établi, d’inverser un rapport de force, de rompre un équilibre. De rendre possible l’impossible.

Faut-il imaginer 22 jeunes Algériens, en 1954, rêver de libérer le pays de l’ordre colonial ?

Ils l’ont voulue cette indépendance. Ils l’ont décidée cette révolution. Et ils l’ont fait. 

A nous, maintenant, de décider de l’émergence de notre Algérie.

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