L’insécurité alimentaire s’accentue avec la Covid-19

L’Algérie a pu limiter ses répercussions négatives

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Par Abdelkader Mechdal    

Pour les experts de la Banque Mondiale (BM), l’insécurité alimentaire dans le monde va en s’accentuant en 2021 pour consacrer une tendance vers plus de fragilité dans les moyens de résistance chez les plus vulnérables à travers le monde, chose qui demande une mobilisation mondiale pour faire face à cette situation qui recèle des éléments nouveaux, en relation avec les évolutions économiques au temps de la pandémie de Covid-19.

    

Le problème posé par l’institution financière internationale présente une nouvelle réalité mondiale vécue dès l’année passée avec la fermeture des entreprises, d’une part, et des difficultés que rencontrent pas mal de pays à travers le monde pour s’approvisionner en  denrées alimentaires, d’autre part. La perte d’emploi constitue une forme délicate de perte de pouvoir d’achat, qui a touché des catégories de citoyens qui ont vu leur situation basculer à la précarité après les licenciements et le rétrécissement de l’activité économique d’une manière générale, ce qui prive un nombre de plus en plus important de leur droit d’avoir accès à la nourriture. Dans ce cadre, le Programme Alimentaire Mondiale (PAM) estime dans ses projections touchant 54 pays des plus pauvres au monde, pour l’année en cours 2021, que le nombre de gens souffrant de l’insécurité alimentaire aiguë va atteindre 330 millions de personnes, en augmentation des 233 millions enregistrés l’année passée, le chiffre qui était déjà à 137 millions de personnes en 2019. Même si cette fragilité concerne les pays les plus pauvres, mais cela ne peut pas cacher la délicatesse de la situation dans beaucoup d’autres pays à caractéristiques économiques et financières instables. En plus des difficultés de couvrir les dépenses alimentaires, la BM met en avant les perturbations des chaînes d’approvisionnement qui causent un renchérissement des prix sur les marchés locaux, comme elle met en exergue le fait que les pays tributaires des importations sont confrontés aux problèmes liés à la dépréciation de leurs monnaies ce qui fait augmenter les prix à l’importation des denrées et autres produits essentiels. Sur les étals des commerces en Algérie, ce phénomène a dû s’installer avec force, touchant les denrées alimentaires importées, ce qui contribue à la difficulté que rencontrent les habitants exposés au problème de perte d’activité en général, c’est-à-dire ceux qui ont perdu leurs postes d’emploi où carrément ceux qui ne trouvent plus d’opportunité de travail sur le marché parallèle. Heureusement que dans le cas de l’Algérie, ces phénomènes ont été limités avec l’assouplissement des restrictions concernant le commerce et la circulation entre les lieux de production et ceux de consommation, ce qui a permis de maintenir un niveau d’approvisionnement appréciable. Par contre, le problème crucial dans le pays est en relation surtout avec les difficultés pour revenir à l’investissement, après que 500 000 travailleurs ont perdu leur gagne pain, attendant dans l’impatience une réinsertion au monde du travail. Dans des cas comme celui de l’Algérie, les pouvoirs publics gardent quand même des capacités de manœuvre certaines, tandis que dans les pays faibles, il est indispensable que les institutions internationales spécialisées interviennent pour les aider à rééquilibrer leurs marchés internes et assurer un certain niveau d’approvisionnement, à limiter les répercussions négatives sur le pouvoir d’achat de leurs citoyens.                        

 

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