« Nous avons besoin d’un Gouvernement de gestion et de reforme à la fois»

Abdelmadjid Ouniss, professeur et doyen de la Faculté d’économie de Boumerdès

0 3 393

Dans cet entretien, Abdelmadjid Ouniss, directeur du laboratoire : Performance des entreprises économiques algériennes dans le cadre de la dynamique économique internationale et doyen de la Faculté d’économie à l’université Mohamed Bouguera de Boumerdès, s’est penché sur la question de la formation du nouveau Gouvernement, dont est en charge Aymen Benabderramene, le nouveau Premier ministre, ainsi que les différents objectifs qui devront être établis, afin de relancer le secteur économique du pays.

 

Entretien réalisé par : LARBI SIDALI

Selon vous, quelle serait la meilleure composition du prochain Gouvernement pour affronter la conjoncture économique actuelle du pays ?

Abdelmadjid Ouniss: D’âpres moi, le prochain Gouvernement, dirigé par l’ex-Gouverneur de la Banque centrale d’Algérie, devra être, à la fois, un Gouvernement de gestion et de reforme, et cela afin de donner un second souffle à l’économie algérienne. 

De plus, pour accomplir cette tâche qui s’annonce pas des moindres, Benabderrahmane pourra probablement capitaliser sur ses précédentes expériences au service de l’Etat algérien, à des postes clés et stratégiques, tels que sa nomination  en tant que délégué de l’Algérie auprès du Fonds monétaire international (FMI), de 2002 à 2004, directeur général des Impôts, de 2006 à 2017, puis ministre des Finances en juin 2020.

Que seront les différents objectifs qui devront être établis, afin de relancer le secteur économique du pays ?

Pour moi, l’objectif numéro un qui devra être entrepris par le nouveau Gouvernement, sera de faire sortir l’Algérie de sa dépendance aux hydrocarbures et de ne surtout  pas se baser sur une stratégie économique, liée à la hausse du prix du pétrole, que connait le cours du Brent durant ces derniers jours. Ajoutant a cela, le nouveau Gouvernent devra entamer une recherche active et élargie, dans le but de diversifier les sources de revenus du pays.

Vous avez parlé de diversifier les sources de revenus de l’Etat. Selon vous, quels sont les secteurs névralgiques à solliciter ?

La diversification des revenus du pays devra se faire principalement, en fonction des caractéristiques du pays. En explication à cela, je me focaliserai sur trois axes d’importance majeure : l’énergie, l’agriculture et le tourisme.    

Sur le plan énergétique, l’Algérie devra s’orienter vers des énergies renouvelables, et plus précisément, vers l’énergie solaire, de par l’immensité de notre désert qui bénéficie, selon une étude faite par la NASA, entre 2000 et 3000 kWh d’énergie solaire, par mètre carré et par an. On serait donc en présence d’un potentiel de plus de 22 milliards de GWh (gigawattheures) par an. Autrement dit, nous serons dans la capacité de produire 2.000 fois plus d’énergie que les plus grandes centrales électriques du monde, qui affichent près de 100.000 GWh par an.

L’agriculture qui comme nous l’avons remarqué durant ces dernières années, a connu un énorme bon en avant en terme de production et d’exportation. De ce fait, le prochain Gouvernement de Benabderramene aura pour mission, de faire émancipé d’avantage ce secteur en mettant en place une série de reformes et de directives afin de replacer l’Algérie sur l’chéquier mondial des exportations agricoles.

Par ailleurs, le secteur du tourisme devra être mis au premier plan de la stratégie de développement du pays, de part le fort potentiel naturel que possède l’Algérie et qui est placée au 4e rang des destinations les plus populaires en Afrique, après la Maroc, la Tunisie et l’Afrique de sud (selon l’Organisation mondiale du tourisme OMT). De plus, ce secteur peut être considéré comme la seule source de revenus en devises, et ce sans effectuer la moindre exportation. Ajoutant à cela, le tourisme peut être vu comme l’outil idéal pour lutter contre la crise du chômage, de part les nombreuses opportunités de travail qui seront mises à  la disposition des demandeurs d’emploi dans le secteur hôtelier, de la restauration, de l’artisanat et du transport.

 

  

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.