Où est passé l’or d‘Amesmassa ?

Alors que les réserves nationales stagnent à 174 tonnes

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Par Arezki Louni 

C’est en date du 26 janvier 2008, que l’Entreprise d’exploitation des mines d’or, (ENOR), a procédé  à la coulée du premier lingot d’or de la mine d’Amesmassa, dans la wilaya de Tamanrasset.  C’est en présence du tout controversé ancien ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, que cette mine aux immenses réserves aurifères, a débuté son activité. Cependant, depuis cette année, les réserves d’or en Algérie ont stagné à 174 tonnes, alors que la mine d’Amesmassa était censée produire des centaines de lingots. 

 

Dans un communiqué rendu public hier, le ministère de l’Energie et des Mines a annoncé, que l’Enor vient de recevoir les premières expéditions du minerai aurifère, produites par les micro-entreprises d’exploitation minière artisanale, dans son usine de traitement à Amesmessa, (Ain Guezzam). Une quantité totale de plus de 40 tonnes, à une teneur moyenne de 11,8 g/tonnes, a été fournie par deux micro-entreprises, la première avec 22,850 tonnes et une teneur de 13,725 g/t et la deuxième avec 17,380 tonnes avec une teneur de 9,462 g/t, a précisé la même source. Le communiqué a rappelé, que le ministère de l’Energie et des Mines prévoit d’atteindre une production d’or, pour l’année en cours, de l’ordre de 250 kg, dans un premier temps, pour passer à 500kg l’année prochaine. Le ministère de l’Energie et des Mines avait annoncé, la semaine passée, la signature de 36 contrats commerciaux entre l’ENOR et des micro-entreprises, pour l’achat des pépites d’or produites dans le cadre de l’ouverture du domaine d’exploitation minière artisanale de l’or, au profit des jeunes des régions du Sud. Toutefois, on se demande si depuis sa mise en exploitation en 2008, la mine d’Amesmassa n’a produit aucun lingot d’or ? On s’étonne, en effet,  de la  stagnation de la réserve d’or algérienne, qui aurait du connaître une augmentation ne serait-ce que du fait de l’apport des mines d’Amesmassa, Tirek et Tiririne (Tamanrasset), qui auraient extrait, au minimum, 20 tonnes d’or au cours de ces cinq dernières années, selon les chiffres du ministère de l’Industrie et des Mines. Le mystère demeure entier, quant à la destination de ces énormes quantités d’or que ces mines sont censées produire. Où est donc  passé cette production d’or, dont au moins une partie aurait du rejoindre les coffres forts de la Banque d’Algérie? La question mérite d’être posée, notamment en cette conjoncture marquée par une récession économique mondiale, et en Algérie, par la baisse drastique des revenus pétroliers. Le ministère de l’Energie et des Mines et le Gouverneur de la Banque d’Algérie doivent s’expliquer à ce sujet.  On ne comprend pas pourquoi, au moment où nos réserves de change connaissent une chute, et où l’investissement régresse, le Gouvernement donne si peu d’importance à cette question centrale du stock d’or, qui stagne anormalement au même niveau depuis bientôt cinq années. D’autant plus que,  plus le stock d’or est élevé, plus la solvabilité de l’Algérie est forte. Dommage….

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