Pour une solidarité entre les deux économies

Economie solidaire ou économie sociale,

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Dr. GASMI CHAKER FSECG – Université de CHADLI BENDJEDID -El-Tarf

Si l’économie sociale en tant que mouvement s’enracine dans les valeurs « solidaires » et démocratiques qui ont présidé à son émergence, ses personnes morales individuelles ne sont définies comme telles que par des règles juridiques, qui n’impliquent nullement de partager les valeurs de l’économie solidaire. Une association n’a pas forcément un « but social » : elle peut gérer une marina, un terrain de golf, une entente patronale, etc. une coopérative de production peut produire de l’équipement militaire. Il nous parait alors que, l’économie sociale n’a qu’une seule dimension « juridique », elle se réfère à des statuts ; on en peut distinguer trois reconnus : les coopératives, les mutuelles et les associations. En Europe, il y en a un quatrième : les fondations. – L’économie sociale ne couvre pas toute l’économie solidaire, elle se définit par « comment, sous quel statut et quelles normes d’organisation internes on le fait ».

L’économie solidaire ne se positionne pas sur des statuts, elle travaille sur des valeurs : la citoyenneté et la solidarité, elle vise la mise en réseau, en synergie, au non des même valeurs, et pour autant que c’est possible, d’activité mises en œuvre aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public, et même dans le secteur non monétaire, « domestique », l’entraide, les échanges de savoir …par synergie, il faut entendre : mise en commun de compétences, de financement de clientèle, projets communs, partenariat, etc. l’économie solidaire n’est donc que : « comment vivre économiquement solidaire ».

L’économie solidaire se définit par « au nom de quoi on le fait » : le sens prêté à l’activité économique, sa logique, est le système de valeurs de ses acteurs et donc les critères de gestion de leurs institutions. Cependant nous croyons que, l’économie solidaire couvre largement l’économie sociale, car en considérant que le « au nom de quoi.. » qui caractérise l’économie solidaire avait déjà précédé à la naissance et au développement, depuis le 19e , les mouvements coopératifs, mutualistes et associatifs impliquent largement l’économie sociale dans le monde des valeurs solidaires, donc si l’économie solidaire vise la création d’une vie économique à des finalités sociales, l’économie sociale ne peu nullement échapper à cette finalité.

Ainsi, l’économie solidaire nous représente un prolongement de « comment on le fait ? » du matériel « associations, coopératives,…, » vers l’immatériel « les valeurs, la réciprocité,…. ». En effet, on ne peut pas dire que l’économie solidaire est une nouvelle mouvance de l’économie sociale, mais les origines et les finalités qui englobent l’économie sociale dès son début. A ce stade on peut se référer à A.Lipietz, lorsqu’il dit que « l’économie solidaire s’affirmait en quelque sorte comme une « conscience externe » – et de plus en plus interne- de l’économie sociale ».

Théoriquement on a essayé de scinder les deux économies, mais en réalité la tache est plus compliquée, je n’arrive pas à imaginer du solidaire son du sociale ou l’inverse, l’économie solidaire n’a aucun issue pour parvenir à ses finalités et ses valeurs sans l’aide des instruments et des structures de l’économie sociale, de même l’économie sociale n’a aucune valeur si elle ne vise pas les mêmes valeurs de l’économie solidaire, elle sera alors similaire à l’économie marchande; dès lors la convergence entre le matériel (économie sociale) et l’immatériel (économie solidaire) ne peut être qu’à travers une socialisation du solidaire c’est-à-dire la création d’un un troisième intervenant, qui garantira l’union entre ces deux économie. 

« solidaire et sociale » : Nous nous somme mis d’accord que l’économie sociale et l’économie solidaire sont deux facettes pour une seule monnaie, la socialisation de la vie économique, on parle alors de « l’économie sociale et solidaire ». Cette dernière représente un secteur économique à part entière, inscrit dans le marché, car il comprend des activités et entreprises qui produisent ou échangent des biens et/ou des services. Il se distingue du premier (le secteur public) parce qu’il est porté par des citoyens agissant de façon autonome et du second (le secteur privé) parce qu’il n’a pas pour objet premier la réalisation du profit. 

Il assure une double fonction : produire des biens et/ou des services et produire des valeurs utiles à la société : du lien social et de la solidarité. Les caractéristiques et les valeurs de cette économie, qui fait participer pleinement le corps social au développement global durable, restent les mêmes que par le passé : prépondérance de l’humain, initiative collective, démocratie interne, non-répartition des profits et des réserves, refus de la société de marché et de toutes les discriminations sociales et culturelles, créativité partagée, etc. Sa légitimité est confirmée par la constatation de la nécessité de remédier à l’individualisme et l’isolement d’une part croissante de la population, en lui redonnant les moyens et les mécanismes d’une participation collective, facteur de cohésion sociale et condition d’un développement durable. Les différences, caractéristiques d’une économie plurielle, sont un facteur d’enrichissement mutuel. 

Comme on l’a dit, toute l’économie sociale n’est pas solidaire, de même que toute initiative solidaire ne prend pas la forme d’une société de personnes. Cependant les acteurs de terrain se reconnaissent de plus en plus comme appartenant à un même secteur de l’économie, sociale par son ancrage dans la société qui en est à la fois le sujet et l’objet, et aussi solidaire parce qu’elle entend apporter des réponses collectives à des besoins sociaux permanents. Cette reconnaissance mutuelle peut se développer et remédier à la confusion qui apparaît parfois dans le vocabulaire et l’utilisation séparée des termes “économie sociale” et “économie solidaire”.

Il est en particulier souhaité que les structures et les réseaux institutionnalisés (mutuelles de santé et d’assurance, grandes fédérations associatives, secteur coopératif agricole, banques coopératives) se rapprochent des milieux les plus innovants et créatifs de « l’économie sociale et solidaire » pour mutualiser des moyens. Il est également réclamé unanimement et fortement de voir reconnaître, à tous les niveaux par les pouvoirs publics, « l’économie sociale et solidaire » comme une force motrice et créatrice aussi bien de la société que de l’économie. Cela suppose de réaffirmer et de renforcer la place de « l’économie sociale et solidaire » dans le processus de développement local, régional et national. Ce secteur devient en effet un facteur clé du caractère durable de ce développement.

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