Tlemcen.. L’écosystème steppique complètement fragilisé

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Tlemcen, à l’instar d’autres villes, s’apprête à célébrer la Journée mondiale de lutte contre de la désertification qui coïncide avec le 17 juin de chaque année. Un important programme a été adopté par la conservation des forêts et le secteur de l’environnement.

Et pour cause, depuis ces dernières années Tlemcen est exposé à ce phénomène largement constaté suite à l’avancée du désert. Ces zones steppiques sont complètement dégradées.

Des chercheurs universitaires, à l’image du Do Benzekri  et Haddouche, déclarent : «L’écosystème steppique de la wilaya de Tlemcen est considéré actuellement sensible à la désertification. Les résultats obtenus montrent que cette sensibilité est due à plusieurs facteurs : naturels (sécheresse, fragilité des sols) mais principalement anthropozoïques dus à un surpâturage, le défrichement et des changements dans le mode de vie traditionnel de la population nomade».

Malgré, cependant, des programmes de restauration et de réhabilitation menés par la conservation des forêts de Tlemcen, pour lutter contre la désertification et permettre un développement durable de la région, la situation n’est guère reluisante.

Les conférenciers ont souligné que la steppe algérienne demeure un espace aride et semi-aride, de 20 millions d’hectares. Cette immense superficie est sensible à la désertification.

«La zone steppique de la wilaya de Tlemcen, notamment dans les communes de Sidi Djilali, El Aricha et El Gor, est affectée par ce fléau à cause d’une forte tendance à la dégradation par la réduction du potentiel biologique et la rupture des équilibres écologiques et socioéconomiques», a-t-on estimé

Dans ces régions, nous constatons, depuis des années, de mauvaises pratiques de l’homme et un effectif très élevé de l’animal associés à des crises climatiques, démographiques et économiques imprévues dans cet écosystème. Il s’agit de tout un ensemble de facteurs qui favorisent le processus de la désertification, tel le surpâturage qui se manifeste par le maintien trop prolongé du troupeau sur les aires pâturées prélevant une quantité de végétation largement supérieure à la production annuelle. Cela constitue l’action la plus dévastatrice sur la végétation pérenne et le principal facteur de la désertification durant les deux dernières décennies.

Une virée dans cette immense zone steppique permet de relever le pire, et l’alfa d’autrefois n’est plus. Cette plante est carrément rasée de la carte.

S’ajoute également un autre danger lié au défrichement. Cet acte illicite signé par les nomades et éleveurs au profit de la céréaliculture est effectué sur presque toutes les communes. La céréaliculture, consistant en la culture surtout de l’orge et du blé dur, est l’activité la plus importante après l’élevage malgré le faible rendement à l’hectare.

Le défrichement des terres, aujourd’hui, s’amplifie encore, ce qui porte un coup dur à cet espace végétal. Pis, les nomades construisent en dur, et ont fini par exploiter les terres steppiques.

Devant la situation actuelle de l’écosystème steppique de la wilaya de Tlemcen, la conservation des forêts de la wilaya a mené des programmes d’aménagement pour lutter contre la désertification, dont notamment la restauration des parcours steppiques par des opérations de reboisement, la mise en défend des terres par la plantation de la plante fourragère la triplex…

Malheureusement et face aux flux des nomades, ces projets n’ont pas résisté longtemps. L’heure est grave, et de nouvelles politiques s’imposent pour préserver notre environnement. Autrement, le sable finira par élire domicile.

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