Un chemin d’avenir pour l’Algérie

La diversification de l’économie

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Par : FELLAG HAMZA
L’économie Algérienne est une économie de rente, basée sur la production et l’exportation des ressources naturelles en l’état brut. Les faiblesses dans la gouvernance économique en général, et en particulier dans les transformations structurelles requises pour élargir et diversifier l’économie du pays, ont contribué à renforcer sa pétro-dépendance. Cette dernière a négativement joué sur les performances de l’économie Algérienne pendant les périodes de conjoncture pétrolière morose. La nécessité de la diversification de l’économie Algérienne est connue de tous, et depuis bien des années. Les autorités responsables ont eu à l’affirmer, et n’arrêtent de le répéter. Il se fait cependant que les efforts réels de diversification sont peu évidents et n’ont pas encore donné des résultats tangibles. Nous proposons dans ce travail une étude sur la diversification de l’économie à travers l’analyse de différentes variables propres à l’économie algérienne et ses caractéristiques. Mots clés : La stratégie de diversification ; L’économie Algérienne ; L’avantage compétitif.

Une croissance démographique soutenue dilue à long terme le niveau de rente par habitant. Avec un rythme annuel de croissance démographique de 3 %, la contribution par habitant d’un secteur à ressources constantes est divisée par deux en 24 ans. La stabilité sociale et la prospérité à long terme ne peuvent être assurées qu’en employant de façon productive les facteurs de production grandissants, au nombre desquels la main d’œuvre. Il est un autre argument en faveur de la diversification selon lequel celle-ci peut être un moyen de s’assurer contre les grands chocs macroéconomiques engendrés par les fluctuations des cours qui frappent les pays très dépendants d’un éventail restreint d’exportations (Teulon Frédéric. 2014. PP 5-6). La pertinence de ces arguments dépend de l’horizon prévisionnel de la rente par rapport aux besoins. L’épuisement des ressources n’est sans doute pas la seule considération. La dégradation de l’environnement peut certes entraîner l’effondrement d’une société, mais on n’enregistre que quelques cas d’épuisement des ressources minières d’une nation. Les progrès des techniques de forage et d’exploitation minière ont permis à maintes reprises de prolonger – parfois de longtemps – la durée de vie des gisements exploités, et les réserves commercialement exploitables sont un concept plus économique que physique, dans la mesure où leur niveau varie en fonction des cours. Certains pays comme le Gabon ressentiront probablement assez vite l’impact de la baisse de réserves génératrices de rentes élevées. Mais même les pays qui ont des ressources naturelles considérables peuvent s’inquiéter du risque de chocs technologiques pouvant réduire largement leur seul avantage comparatif, soit par la création de produits de substitution, soit par l’ouverture de nouvelles sources d’approvisionnement. Vu sous cet angle, même la conservation de ressources dans le sous-sol est risquée, et l’assurance peut-être un important argument de diversification. Ces éléments ont un impact sur la perception qu’ont les pays de la diversification dans le cadre de leur stratégie globale. La plupart d’entre eux cherchent des gains de croissance et d’emploi, mais certains pourraient être prêts à payer pour diversifier. Ces considérations influencent également le type de diversification qui peut être pratiquée par un pays. Dans certainscas, une diversification dans le secteur des ressources naturelles suffira, en passant du pétrole au gaz naturel ou à l’exploitation minière avec pour optique de prolonger les rentes à l’avenir, et en essayant d’optimiser les liens productifs d’amont avec le secteur des ressources. D’autres pays déplaceront le curseur vers l’aval pour une plus grande valeur ajoutée, et prendront des mesures pour combler les lacunes des chaînes d’approvisionnement essentielles qui lient la base de ressource aux industries aval. Dans d’autres cas, la priorité sera mise sur le transfert vers des fabrications à forte intensité de main d’œuvre. L’abondance de ressources et les contraintes varient selon les pays, au même titre que leurs objectifs. Certains pays à hauts revenus comme l’Australie et le Canada ont des économies modernes très productives tout en restant très dépendants de leurs ressources naturelles. Une diversification efficace peut être un bon investissement, mais il arrive que des pays gaspillent beaucoup de ressources dans des programmes inefficaces ou aux objectifs inappropriés(Bassi A et Lombardi N. 2013. P 140.) Dans les doctrines de diversification actuellement en vogue dans les pays en développement basées sur l’insertion de plus en plus poussée dans la mondialisation, la diversification économique est souvent réduite, ou au mieux, entendue principalement comme la diversification des exportations. Elle est dès lors définie comme la valorisation des potentialités en ressources naturelles pour saisir les opportunités du marché mondial. En effet, la vulnérabilité de l’économie Algérienne est une problématique multidimensionnelle. Elle porte sur la création de la richesse nationale. Sur les revenus au niveau des moyens de paiements extérieurs (recettes d’exportations) et des moyens d’actions de l’État (recettes publiques). Et sur l’autonomie et la sécurité alimentaires, comme enfin sur la pauvreté et les paramètres sociaux : emploi, pauvreté (niveau, structure et géographie de la pauvreté). 2-3 les ENJEUX DE LA DIVERSIFICATION La diversification est par définition un processus de transformation des structures de vulnérabilité de l’économie , de construction d’un autre modèle d’accumulation et de développement, et de mobilisation des différentes forces politiques, économiques et sociales dans la construction d’une économie viable, solide sur ses ressorts internes, et émergente(idem. P 149). La formulation d’une stratégie de diversification de l’économie Algérienne devra ainsi s’inscrire dans cette perspective : prendre en compte les dimensions et facteurs clefs de la fragilité et de la vulnérabilité de l’économie. Il faut donc envisager une approche plus large de diversification. Dans cette partie en va examiner les enjeux et les défis du développement à lalumière de l’évolution et du fonctionnement de l’économie Algérienne. Dans le dispositif d’amélioration des systèmes de gouvernance en Afrique, le mécanisme africain d’évaluation par les pairs recommande en particulier deux objectifs qui sont des composantes du système de gouvernance économique et de développement socioéconomique. Le premier porte sur la promotion des politiques macroéconomiques qui soutiennent le développement durable.Tandis que le deuxième porte sur la nécessité de promouvoir l’autonomie dans la prise en charge et la conduite de ses politiques et programmes de développement socioéconomique (idem. P 150). De nos jours, la mondialisation a poussé très loin la « marchandisation » des politiques de développement et de gouvernance économique, qu’elles soient macroéconomiques ou sectorielles. Elles sont devenues un enjeu que les puissances de la mondialisation essaient de contrôler dans les pays en développement, surtout dans ceux à ressources naturelles importantes, ou à intérêt géopolitique et ou géostratégique. Ce contrôle s’effectue notamment à travers diverses formes de coopération et d’aide, de pressions de toutes sortes. Le degré d’autonomie pour tendre vers l’auto dépendance s’apprécie notamment en termes de capacités institutionnelles et humaines à formuler, mettre en œuvre et financer ses politiques, programmes et actions de développement. Et c’est souvent par ce biais, que les forces extérieures manifestent les limites dans lesquelles ils acceptent ou orientent ces politiques et programmes(idem. P 150.)

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