Un dossier épineux dans une circonstance de chute du dinar

Régulation du marché de l’automobile

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Par Abdelkader Mechdal

Le risque en relation avec l’autorisation d’importation au profit des individus est souvent lié à l’alimentation des opérations de change sur le marché parallèle, ce qui va accentuer la chute déjà vertigineuse de la valeur du dinar et demande à ce que la régulation soit à la hauteur de préserver un équilibre qui puisse profiter à l’économie nationale.

 

 

Dans ce cadre, la gestion du dossier d’importation des véhicules de moins de 3 ans, qui a abouti au gel d’une décision de l’exécutif pourtant approuvée par le parlement, ne sort pas de la logique qui a guidé la politique du gouvernement qui fait dans la compression des sorties des devises, surtout ce qui a trait à certains chapitres d’importation qui alourdissent le recours à l’utilisation intensive des réserves de change. Effectivement, les importations en véhicules ont pu atteindre, dans des années records comme 2012 et 2013, des chiffres exceptionnels de l’ordre de 6 milliards de dollar, sans oublier les implications en relation avec le renouvellement du parc national de l’automobile, et ce qui implique comme besoins indispensables dans le volet maintenance.   

Mais aussi, il faut le dire, le gouvernement actuel joue sur la prudence extrême pour tout ce qui a relation avec la sortie des devises, et ce pour respecter le choix pris par le Président de la république qui avait décidé, dès son investiture, de réguler la sphère des importations dans le sens de minimiser la sortie des devises, vu que les moyens d’alimentation des réserves de change sont très limités, dans une conjoncture qui rappelle l’état de vulnérabilité de toute l’économie nationale, qui s’appuie exclusivement sur les exportations en hydrocarbures. Et puis, il y a cette peur qui guette les décideurs, qui a trait aux poursuites judiciaires qui puissent être déclenchées contre eux si la tolérance de certaines opérations d’importation seront considérées comme de simples autorisations de complaisance en faveur de certains opérateurs.

A partir de cet état de fait, il est aisé de constater que l’appréciation gouvernementale quant à l’importation par exemple des véhicules de moins de 3 ans ne sort pas de la vision qui considère que les opérations d’achat des devises sur le marché parallèle vont connaitre un rebond, surtout avec l’attractivité des véhicules européens sur les décisions d’achats des Algériens très influencées par les campagnes publicitaires exercées par les fournisseurs européens vantant le made in Europe, et qui gagnent le pari en ciblant un élément sensible chez une clientèle qui veut profiter de voitures solides et de dernière technologie en faisant la comparaison avec ce qui est habituellement importé considéré de moindre qualité que ce qui est soumis à la norme du marché européen. C’est que les ingrédients d’un boom sur le marché parallèle de la devise sont réunis et feront que la demande sur les moyens de payement étrangers va exploser, entrainant de nouvelles chutes de la valeur du dinar, d’une part, et une forte sortie en devise, de l’autre part. En tout état de cause, les pouvoirs publics ont fait leur choix : pas d’importation de véhicules de moins de 3 ans, et la valeur d’importation des véhicules neufs ne dépassera pas le plafond de 2 milliards de dollars.

 

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