Une opportunité où un danger ?

Adhésion de l’Algérie à l’OMC

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Par Zahir Radji

Le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE) a organisé hier une rencontre sur les voies et moyens pour une éventuelle adhésion de l’Algérie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). 

 

En effet, lors de cette rencontre placée sous le thème : «l’Algérie et l’Organisation mondiale du commerce : quel avenir ?», des experts algériens et internationaux ont exposé les opportunités et les retombées négatives sur l’économie nationale.

S’inscrivant dans la série de rencontres « CNESE Economic Perspectives », l’évènement permettra d’abord, dira Réda tir, «les voies et moyens, les meilleurs, pour une éventuelle adhésion de l’Algérie à l’OMC à l’aune du changement de paradigme du modèle économique mondial».

D’ailleurs, dans son allocution le président du CNESE a plaidé pour la nécessité que l’on prévoit une refonte du système multilatéral des échanges, apte à bâtir les fondements d’un commerce international plus profitable et plus équitable pour toutes les parties, avec comme trame de fond l’amélioration du bien-être de tous. Ainsi, le chef de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique à Genève, Dr Nassim Oulmane a salué d’abord l’organisation de cette rencontre qui permettra de débattre la question de l’Algérie à l’OMC qui traine depuis 1995.  L’intervenant a indiqué que « si l’Algérie considère qu’il est de son intérêt de finaliser son accession, alors la fenêtre actuelle est très favorable». 

Ce dernier a expliqué qu’un pays comme l’Algérie doit impérativement diversifier son économie afin de faire face à la concurrence rude à l’international. Rester au stade actuel, dont les exportations en hydrocarbures représentent 98% des rentes pour le Trésor public, ceci présente un risque, indique-t-il.

En clair, l’Algérie est appelé en premier au règlement de ses problèmes économiques en interne avant d’y penser à une éventuelle adhésion. Toutefois, rien n’empêche de participer aux processus de réformes qui s’opèrent au sein de l’OMC. Questionné sur le libre échange qu’impose l’organisation dans le commerce mondial, Dr Nassim Oulmane a indiqué que l’OMC n’impose pas de démantèlement tarifaire, contrairement aux accords bilatéraux  et accords d’associations. « À l’OMC on négocie la consolidation de douane et non pas la réduction ou la suppression de taxes douanières. l’OMC fixe les seuils de douanes», a-t-il précisé, en rappelant que l’accord d’association avec l’UE fait perdre à l’Algérie près de 2 milliards de dollars annuellement !  Il a indiqué que l’Algérie est un pays ouvert sur les droits de douanes (relativement bas) en termes de tarification.

Ainsi, Dr Nassim a affirmé que contrairement aux accords bilatéraux, on négocie des consolidations (réduction des plafonds), en soulignant que sur les 164 pays ayant adhérer à l’organisation aucun pays ne l’a quitté. En outre, l’expert international a indiqué l’OMC est un levier pour diversifier notre économie.

Il a également indiqué que le problème de l’énergie, ou l’Algérie applique des tarifs subventionné en local, n’est plus un obstacle pour l’adhésion, notamment avec la mise en place de la taxe carbone. Questionné sur le choix stratégique social de l’Etat algérienne, l’expert a expliqué que l’OMC ne se mêle dans ces questions, toutefois, il faut bien identifier les subventions. Par ailleurs, d’autres experts ont exposé les pertes que l’Algérie engendra une fois adhérer à cette organisation. En effet, l’ouverture du commerce extérieur à la concurrence internationale mettra en rude épreuve les petits commerçants et industriels locaux. Ceci induira des pertes énormes en fiscalité pour l’Etat algérien au détriment des grandes entreprises mondiales.    

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