«Urgence de faire face à la cybercriminalité»

Ammar Belhimer, ministre de la Communication

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Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, a souligné, hier, l' »urgence » de faire face à la cybercriminalité en se focalisant sur la garantie de la souveraineté cybernétique basée sur la production d’un contenu national « qualitatif » sur les sites électroniques et les plateformes universitaires. « Vu que 70 % des Algériens consultent la presse électronique, il est devenu urgent de faire face à la cybercriminalité, en se focalisant sur la garantie de la souveraineté cybernétique, basée sur la production d’un contenu national qualitatif et les plateformes universitaires et la sécurisation du réseau en vue de consacrer la souveraineté de l’Etat », a indiqué M. Belhimer dans un entretien accordé au quotidien national Cresus. En ce sens, le ministre a exigé la domiciliation dans le domaine.dz des sites électroniques régis par le décret exécutif relatif aux modalités d’exercice de l’activité d’information en ligne et de diffusion de mise au point ou rectification sur le site électronique.

Pour M. Belhimer, la sécurisation des plateformes web et sites électroniques est un « enjeu fondamental », citant à cet effet un audit des sites web institutionnels réalisé par l’Observatoire du groupement algérien des acteurs du numérique. Il a ainsi relevé que « le certificat SSL constitue une des protections les plus indispensables à déployer sur un site web », faisant remarquer que « 85 % des sites web audités ne disposent pas de ce certificat, en dépit des assurances réitérées par le ministère ». M. Belhimer a expliqué que « depuis l’arrivée en masse des réseaux asociaux, je dis bien asociaux et je préfère cette expression à celle en vigueur, la Constitution algérienne déclare inviolables et protégés par la loi, la vie privée et l’honneur du citoyen », ajoutant qu’elle « garantit le secret de la correspondance et de la communication privée ». Le ministre a ajouté que ces « grandes catégories de droit » sont énoncées dans la nouvelle Constitution adoptée en novembre 2020, précisant à cet égard « qu’en droit, la vie privée est circonscrite à trois éléments de la personnalité: le respect des comportements, de l’anonymat et de la vie relationnelle ». M. Belhimer s’est ainsi dit « favorable à un renforcement de leur protection par l’édiction des peines les plus lourdes, quel que soit le mobile ou le statut social de l’agresseur », estimant que « c’est d’autant plus nécessaire que le phénomène n’épargne personne et prend des proportions alarmantes ». À une question sur les fonds d’aide à la presse gelés depuis 2014, il a indiqué qu’il est envisagé de les « réactiver pour, notamment, accompagner la transition du papier au numérique, soutenir les efforts de formation et de perfectionnement », soulignant que « la loi de finances complémentaire est, au plan procédural, le moment idoine pour le faire ». S’agissant de l’Autorité de régulation de la presse écrite prévue par la loi de 2014, M. Belhimer l’a qualifiée « d’obsolète au regard de l’absence de référence internationale en la matière et à l’avènement du nouveau cadre constitutionnel ».

Il a indiqué avoir envisagé en lieu et place de cette autorité un « Conseil national de la presse écrite ayant en charge la délivrance de la carte de presse, les arbitrages en cas de manquements aux règles éthiques et déontologiques et la +médiaterie+ que commande une équitable répartition de la manne publicitaire selon une formule qui assure que le champs médiatique reste ouvert, à l’abri de tout monopole, tout en récompensant le mérite ». Enchainant sur les grands chantiers de la réforme initiés par son département, le ministre a précisé que ces chantiers tiennent de deux grandes préoccupations, à savoir le raffermissement de l’exercice démocratique et l’encadrement juridique des activités de communication. Il a expliqué qu’au titre de la première préoccupation, avoir retenu « le renforcement du cadre référentiel (au titre de la vision constitutionnelle), la préservation du cadre pluriel et concurrentiel de l’activité de communication (loin des abus de positions dominantes et des concentrations), le développement de la communication institutionnelle, le développement de la communication de proximité. Au titre de l’encadrement juridique des activités de communication, il a cité « la codification de l’activité de presse électronique multimédias (écrite, web radio et web télé), une loi sur la publicité, l’encadrement de l’activité de sondage d’opinion, une assise juridique pour les agences de communication, l’autorégulation de la presse écrite : Conseil national de la presse écrite (CNPE), le rapatriement juridique et technologique des chaînes de télévision privées. « Des dix chantiers initiés il y a un peu plus d’un an, c’est celui de la réhabilitation du professionnalisme et de l’éthique et de la déontologie -les trois vont ensemble- qui me tient le plus à cœur », a précisé le ministre, avant de conclure : « J’ai initié cette réhabilitation sur la base d’une démarche inclusive et résiliente pour concilier deux grandes catégories juridiques qui me paraissent commander un exercice apaisé de ce noble métier : la liberté et la responsabilité. L’une ne va pas sans l’autre dans une société démocratique ».

 

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