Vers l’imposition de la facture ou le bon de livraison

Lutte contre la spéculation

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Par Zahir Radji

Le ministère du Commerce veut mettre un terme  à la spéculation, en rendant obligatoire l’usage de la facture ou le bon de livraison. En effet,  les services de Kamel Rezig envisagent d’imposer ce nouveau système de facturation, dans les prochains mois. Néanmoins, c’est ce que le Directeur général de la régulation et de l’organisation des marchés au ministère du Commerce, Sami Kolli, avait annoncé lundi dernier.

 

Ces deux documents commerciaux qui garantissent la traçabilité des produits, sont boudés, jusqu’à présent, par les agriculteurs et les  éleveurs. Des dispositions réglementaires seront prises, selon le même responsable, pour les obliger, ainsi que les artisans et les pêcheurs, à établir des factures. «Nous allons imposer ce document, d’abord pour garantir l’innocuité des produits et leur qualité», insiste le responsable, qui affirme que la bataille contre les mauvaises pratiques commerciales sera rude. «Nous allons mener la vie dure, à ceux qui pratiquent le fardage par exemple, ou ceux qui vendent la pomme de terre avec de la terre. Un arrêté ministériel sera publié dans les jours, à venir sur la catégorisation des produits », a-t-il révélé, dans une déclaration à la Radio nationale. 

En effet, ces deux documents sont plus que nécessaire, pour la maitrise et le contrôle du marché. Actuellement, les services de contrôle trouvent d’énormes difficultés dans leur mission, notamment en ce qui concerne les produits agricoles. Dans un marché prédominé par l’informel, les prix de certains produits connaissent des hausses injustifiées, en dérogeant même à la règle de l’offre et la demande.  C’est un scénario qui revient à chaque fête, religieuse ou nationale. Les spéculateurs imposent leur dictat. 

Toutefois, la mise en application de cette nouvelle réglementation peut créer des tensions et résistances, de la part des commerçants. La tentative des services du commerce, d’imposer l’usage de la facture pour la commercialisation de l’huile de table, s’est voué à l’échec. Les détaillants ont tout simplement boycotté ce produit, dont son prix est plafonné. Les services du ministère du Commerce sont conscients de la difficulté de la tâche, mais sont déterminés à la réorganisation et de la moralisation de l’activité commerciale, dans notre pays. Un grand travail doit être effectué sur les différents plans, notamment en matière de la sensibilisation et de mesures d’incitation. La réforme du système fiscal est recommandée, plus que jamais. Les taxes imposées aux commerçants sont jugés élevées. Ainsi, il est recommandé également, de moderniser le secteur commercial. Outre la numérisation des activités commerciales, un autre texte de loi est en cours d’élaboration, annonce Kolli, pour l’encadrement de la grande distribution par spécialité, des marchés de gros de fruits et légumes, mais aussi des marchés de gros pour d’autres produits, par exemple, d’habillement et de maroquinerie. Deux marchés de ce type seront réalisés, à Tlemcen et à Médéa. Plusieurs projets de marchés d’agroalimentaire, ajoute-t-il, sont en cours de réalisation également. « Nous allons tout mettre en œuvre, pour avoir des marchés qui répondent aux normes. Le premier a été inauguré au mois de Ramadhan, à Ouargla, et le deuxième à Bechar, en attendant ceux de Khenchela, de Batna et de Tiaret », annonce Sami Kolli, qui affirme que « de nombreux opérateurs nationaux sont intéressés par ce type de projet».

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