Vers une coopérative d’épargne et de crédit

Bancarisation de l’argent hors circuit officiel

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Par Zahir Radji

Le président du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), Rédha Tir a plaidé, à Alger, pour le développement de la culture bancaire et financière en Algérie afin d’absorber les fonds circulant sur le marché informel et promouvoir l’investissement.

 

Invité du forum « Algérie Maintenant »,  M. Tir a relevé l’importance de recourir à des «méthodes intelligentes» pour absorber les fonds circulant sur le marché parallèle, pointant du doigt «la culture du système bancaire et financier du pays», qui accuse, selon lui, «beaucoup de retard ayant freiné le développement de l’économie, d’où la nécessite de changer certains comportements entravant la production ou l’investissement».

Le président du CNESE a en outre souligné la nécessité de faire la distinction entre les deux notions de l’économie illégale et l’économie informelle. La première, explique-t-il, repose sur les transactions frauduleuses et l’évasion fiscale, alors que la deuxième concerne le non écoulement des fonds sur le marché formel et les activités commerciales familiales ou ménagères ou non déclarées.

Dans ce sillage, M. Tir a préconisé le développement d’un modèle national d’évaluation de l’économie informelle et l’adoption de l’intelligence économique à travers la promotion de la recherche d’information et les modes de recherche ainsi que le développement des centres de recherche auprès des grandes sociétés. Le président du CNESE a fait savoir que la Banque d’Algérie et la Bourse d’Alger ont consenti d’énormes efforts visant à la bancarisation de l’argent circulant hors circuit officiel, à travers l’élaboration de nouvelles lois. Toutefois, regrette-t-il, l’application fait défaut. Pour illustrer ses propos, l’intervenant a cité l’exemple de la loi n° 07-01 des27/02/2007, relative aux coopératives d’épargne et de crédit et qui date de plus de 13 ans. Mais, aucune coopération n’a été créée.  « Il est temps de relancer ce projet en le concrétisant réellement sur le terrain», a-t-il souligné, en rappelant que ce genre de mécanismes joue un rôle important dans la bancarisation de l’argent de l’informel. L’intervenant a expliqué ainsi que ce genre de coopérative accorde plus souplesse aux détenteurs de fonds, et ce, contrairement aux banques qui sont un peu rigides. Il est nécessaire de souligner que celles-ci se distinguent par leur capacité attractive d’épargne, par rapport à celle des établissements bancaires. Car, qui dit coopérative dit épargne, et qui dit banque dit crédit. 

En somme, le gouvernement qui s’est lancé dans une opération de charme pour la récupération au moins d’une partie des 10 000 milliards de DA, soit l’équivalant de 90 milliards de dollars est appelé à réactiver ce mécanisme qui pourrait donner des résultats à court terme.

Selon les explications de Saïd Si Amara, économiste-banquier, ces coopératives d’épargne sont régies par les dispositions de la loi 07-01 du 27/02/2007, et le règlement de la Banque d’Algérie n° 08-02du 21/07/2008, relatif au capital minimum des coopératives d’épargne et de crédit, ainsi que celui, fixant leurs conditions d’autorisation et d’agrément portant le n° 08-03, qui les définit comme étant des institutions financières à but non lucratif, et qui appartiennent à ses membres, à savoir des groupements de salariés issus d’une même entité juridique, d’un même groupe, d’une même institution, ou toute collectivité dont les membres ont le même intérêt, ce qui veut dire, qu’elles soient gérées selon les principes mutualistes. La spécificité de ces coopératives est, dira dans une contribution, que ses membres vont mettre leurs avoirs, et particulièrement ceux en numéraires, d’une manière graduelle et régulière en premier lieu, et les utiliser, en commun, pour accorder des prêts et fournir des services financiers en second lieu.  «A notre sens, des compagnes de sensibilisation et de vulgarisation devront être lancées par le ministère des Finances et la Banque d’Algérie, comme première étape, pour faire connaître et faire comprendre auprès du grand public, le rôle important que joueraient ces institutions en matière d’épargne nationale, et le mécanisme simplifié de leur fonctionnement, en impliquant parallèlement, les autres départements ministériels (l’Agriculture, la Pêche, le Commerce, le Tourisme, le Transport, etc.), et ce, pour une meilleure quantification des besoins qui devront être en adéquation avec les zones et régions à promouvoir, afin d’avoir des données minutieusement ciblées, fiables et exhaustives, ainsi qu’une meilleure orientation à l’endroit des fondateurs désirant la création de coopératives d’épargne et de crédit spécialisées», a recommandé l’expert.

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